A 15 ans, il rate sa correspondance et passe la nuit au poste

TRANSPORTS Un adolescent qui se rendait à Bayonne en train...

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Vente d'un billet dans une agence SNCF
Vente d'un billet dans une agence SNCF — Mychèle Daniau AFP/Archives

«Les voyages forment la jeunesse.» Jérôme, 15 ans, risque en effet de garder un souvenir impérissable de son voyage en train Avignon-Bayonne le 9 juillet. Ayant loupé sa correspondance à Toulouse en raison d’un retard de deux heures sur le premier Corail, l’adolescent a passé la nuit... dans un commissariat de police, révèle LCI.fr ce vendredi.

Sur un banc, sans manger ni couverture

Alors qu’il devait être pris en charge par la SNCF pour passer la nuit dans un hôtel de la ville rose - le dernier train pour Bayonne étant déjà parti -, Jérôme s’est entendu dire que les mineurs ne pouvaient pas bénéficier seuls d'une nuit d'hôtel. Selon le service communication de la SNCF, interrogé plus tard par la chaîne d’informations, «laisser un mineur dans un hôtel est considéré comme un abandon de mineur sur la voie publique».

Ni une, ni deux, l’adolescent est emmené à 22h30 au commissariat central de Toulouse. Où il passe la nuit, sur un banc, sans manger, sans couverture, raconte-t-il. «Il faut savoir qu'un type en garde à vue a droit à un repas chaud, un lit et une visite médicale», rappelle son beau-père, ex-policier. A 5h30, les forces de l'ordre mettent Jérémy dans le premier train pour Bayonne. Durée du retard: 10 heures et 45 minutes.
 
Enquête interne

Cet incident met en lumière le fait que le service d’accompagnement pour les enfants voyageant seuls s'arrête à l'âge de 14 ans. Rien n'est prévu pour ceux de 15 à 18 ans. A la SNCF, on parle d'un «enchaînement de circonstances malheureuses». Une enquête interne a tout de même été ouverte. La présidente de la SNCF, alertée par cette affaire via LCI.fr, s’est fendue d’un coup de téléphone à la famille du garçon, qui ne décolère pas. Jérémy, lui, ne veut plus entendre parler de trains.