Salah Abdeslam était «peut-être prêt à se faire sauter», selon l'avocate d'un complice présumé

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Photo diffusée le 17 novembre 2015 par les autorités belges de Salah Abdeslam
Photo diffusée le 17 novembre 2015 par les autorités belges de Salah Abdeslam — DSK FEDERAL POLICE OF BELGIUM

Salah Abdeslam, activement recherché pour avoir au moins joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris, était «peut-être prêt à se faire sauter», a déclaré sur LCI l'avocate d'un des hommes qui affirment l'avoir exfiltré vers la Belgique.

«D'après les dernières déclarations de mon client, Salah était extrêmement énervé et peut-être (...) prêt à se faire sauter. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus», a expliqué l'avocate, Me Carine Couquelet.

Un homme se présentant comme Salah Abdeslam, 26 ans, Français vivant en Belgique, a été contrôlé le 14 novembre, au lendemain des attaques jihadistes parisiennes, dans une voiture à Cambrai (Nord), en direction de la frontière belge. N'étant pas encore recherché, il avait passé sans encombre ce simple contrôle routier des gendarmes français.

A bord du véhicule, deux autres hommes, Hamza Attou et Mohammed Amri, seront arrêtés un peu plus tard à Molenbeek, quartier populaire de Bruxelles, mais Salah Abdeslam échappe à la police. Inculpés par la justice belge pour «attentat terroriste», Attou et Amri affirment avoir été appelés à la rescousse par leur ami pour qu'ils l'exfiltrent de Paris.

Selon Me Couquelet, l'avocate d'Attou, les trois passagers ont «très peu parlé» dans la voiture durant le trajet. «Mais mon client a eu fort peur», a-t-elle assuré. «Mon client ne parle pas d'armes, mon client parle d'une grosse veste» portée par Salah Abdeslam, «peut-être d'une ceinture d'explosifs ou quelque chose comme ça».

L'avocate belge évoque trois contrôles d'identité, mais à chaque fois c'était «je vous donne mon papier, au revoir et merci». «Il paraît» que Salah Abdeslam «était très calme» pendant les contrôles, a ajouté Me Couquelet.

«Il y a plusieurs hypothèses à envisager: était-il de la partie, était-il un support logistique, devait-il se faire exploser (...), n'a-t-il pas eu le courage de le faire? On ne sait pas», a-t-elle conclu.