Contrat EADS-Tripoli: David Martinon «imagine que c'est vrai»

CONTRAT D’ARMEMENT porte-parole de l'Elysée confirme presque…

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Une confirmation du bout des lèvres. Alors qu'il clamait haut et fort qu'il n'y avait pas eu de contrat d'armement entre la France et la Libye, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a fait machine arrière jeudi soir. Alors que la Libye a confirmé l'existence d'un tel contrat avec EADS, il a répondu qu'il imaginait que c'était «vrai», sans le confirmer explicitement.

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«J'image que c'est vrai», a déclaré David Martinon, sur LCI, questionné sur la signature d'un contrat d'armement entre la Libye et la France pour l'achat de missiles antichar Milan à hauteur de 168 millions d'euros, annoncé par Tripoli jeudi.

«Je ne confirme pas»

Mais «je ne confirme pas», a-t-il ajouté. «Ce n'est pas mon boulot de commenter des tractations commerciales».

Il a réaffirmé qu'aucun contrat n'avait été signé lors de la visite du président de la République Nicolas Sarkozy en Libye qui a suivi la libération du médecin et des infirmières bulgares intervenue le 24 juillet. Mais il a estimé que cette visite «très réussie» s'était faite aussi «pour le plus grand bénéfice des industriels français, ça a accéléré beaucoup les choses».

«Lettre d'intention»

Hervé Morin a été lui beaucoup plus clair. Le ministre de la Défense a annoncé vendredi matin sur RTL que la Libye avait simplement signé une «lettre d'intention» pour acheter à la France des missiles Milan, qui a reçu «l'accord» d'une commission interministérielle française en février 2007. pas daps de con,trats formellement signés pour l'instant.

Pourtant, ces contrats, EADS affirme dans un communiqué vendredi que le contrat pour la fourniture de missiles anti-char Milan à la Libye est «finalisé», après «18 mois» de négociations.

Cela ne va pas refroidir les ardeurs des socialistes, très critiques sur le sujet. Vendredi matin, le Premier secrétaire du P.S. François Hollande a demandé vendredi une commission d'enquête parlementaire pour «faire le clair» sur les négociations entre la France et la Libye. «Il y a un vrai problème de méthode. Comment peut-on admettre dans une démocratie que Nicolas Sarkozy voudrait transparente, que ce soit le fils Kadhafi qui nous annonce un contrat d'armement signé, quand le ministère des Affaires étrangères n'en sait rien et que le ministre de la Défense, lui, parle pour le moment d'une lettre d'intention».

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