Hollande appelle à ne pas céder «à la peur», et annonce des mesures pour la sécurité locale

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Le président François Hollande devant les maires de France réunis à Paris, le 18 novembre 2015
Le président François Hollande devant les maires de France réunis à Paris, le 18 novembre 2015 — STEPHANE DE SAKUTIN POOL

Le président François Hollande a appelé mercredi les Français à ne pas céder «à la peur», après les attentats commis par le groupe Etat islamique, et a annoncé aux maires des mesures pour renforcer la sécurité locale.

L'opération antiterroriste menée mercredi à Saint-Denis au nord de Paris «nous confirme une fois encore que nous sommes dans la guerre, une guerre contre le terrorisme qui lui-même a décidé de nous mener la guerre», a-t-il déclaré dans un discours devant les maires des villes françaises réunis à Paris.

«Par la terreur, Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) veut instiller, par ses propres tueries, le poison de la suspicion, de la stigmatisation, de la division», a-t-il mis en garde. «Ne cédons pas aux tentations de repli, ne cédons pas non plus à la peur, aux excès et à la surenchère».

Le président a annoncé aux maires que des polices municipales, complémentaires de la police et de la gendarmerie, pourront être équipées avec des armes du stock de la police nationale. En France, les 3.900 polices municipales ne sont en principe pas armées.

La dissolution des groupes faisant «l'apologie du terrorisme», facilitée dans le cadre de l'état d'urgence par un projet de loi présenté mercredi matin en Conseil des ministres, se fera «immédiatement», a aussi promis François Hollande.

«Si certains individus se livrent à l'apologie du terrorisme, dans certains lieux, dans des associations, dans des groupements de fait, le projet de loi présenté ce matin prévoit qu'ils pourront être dissous. Ils le seront immédiatement», une fois le texte promulgué, a déclaré le chef de l'Etat.

Alors que la présidente du FN, Marine Le Pen, a demandé «l'arrêt immédiat de tout accueil de migrants», le chef de l'Etat a souligné que «notre devoir d'humanité à l'égard des réfugiés va de pair avec le devoir de protection des Français».

- 'Plus de clivages partisans qui tiennent' -

«Nous aurons donc à faire les vérifications nécessaires avant d’accepter des réfugiés sur notre sol. C'est ce que nous avons fait et c’est ce que nous continuerons à faire», a-t-il ajouté.

«De la même manière, la réforme portant sur le droit d’asile permet de refuser ou de retirer la qualité de réfugié à toute personne dont la présence en France constituerait une menace», a poursuivi François Hollande. «C’est ainsi que nous assurerons la sécurité des Français avec un contrôle renforcé des frontières, tout en restant fidèles à nos valeurs».

M. Hollande a également rappelé que «le gouvernement mettra en place un dispositif de soutien aux communes qui ont créé» des places d’hébergement pour les réfugiés.

Après les attentats, «notre cohésion sociale est la meilleure réponse et notre union nationale en est l'expression. Nous devons être implacables contre toute forme de haine. Aucun acte xénophobe, antisémite, anti-musulman ne doit être toléré», a enfin lancé le président aux responsables des municipalités.

«Face à la menace terroriste, il n'y a plus de différences de territoires, il n'y a plus de clivages partisans qui tiennent», a-t-il exhorté.

«Il n'y a plus que des femmes et des hommes de devoir, des élus du suffrage universel conscients de leurs responsabilités», a-t-il poursuivi, au lendemain d'une séance houleuse de questions au gouvernement mardi à l'Assemblée, marquée par une ambiance très tendue entre la droite d'un côté, la gauche et le gouvernement de l'autre.

«Je le dis fermement, la France restera un pays de liberté, de mouvement, de culture, un pays actif, vaillant, dynamique, qui ne cède jamais à la peur», a assuré le président.