«Unis nous resterons», le credo des croyants après les attentats

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Deux jeunes hommes peignent un graffiti en hommage aux victimes des attentats, le 14 novembre 2015 à Paris
Deux jeunes hommes peignent un graffiti en hommage aux victimes des attentats, le 14 novembre 2015 à Paris — MARTIN BUREAU AFP

Chrétiens, juifs et musulmans, parfois sur internet sous le hashtag #PrayForParis, communiaient samedi dans le deuil, la prière et l'unité nationale, au lendemain de la série d'attaques menées à Paris au nom du jihad armé.

- «ABJECT» - Le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance représentative de l'islam en France, a réagi très tôt, appelant «à l'unité et à la solidarité» face à des «attaques odieuses et abjectes». Samedi à la mi-journée, ce sont toutes les grandes fédérations musulmanes, y compris l'UOIF (proche des Frères musulmans) et les piétistes du Tabligh de l'association Foi et Pratique, qui ont dénoncé la «barbarie la plus abjecte, revendiquée par Daech».

- «ARTISANS DE PAIX» - Le porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Olivier Ribadeau Dumas, a tweeté «unis nous resterons devant ceux qui veulent nous faire peur et briser notre résistance», devant le hashtag #PrayForParis, qui s'est répandu sur la Toile à l'échelle mondiale, formant une chaîne de prière virtuelle mentionnée près de 6 millions de fois en 24 heures, selon le site d'analyse des réseaux sociaux Topsy.

Le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, a invité «les catholiques de France, ce dimanche tout spécialement, par leur prière, leurs paroles et leurs actes à être artisans de paix», convaincu que «le mal n'aura pas le dernier mot».

«Demandons la grâce d'être des artisans de paix», a lui aussi lancé le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, annonçant que le glas - qui devrait retentir dans tous les diocèses de France - sonnerait dimanche à 18h15 à la cathédrale Notre-Dame. En Seine-Maritime, la plupart des représentants de cultes ont écrit une lettre intitulée: «La religion est bafouée».

- «SOLIDARITE» - La Fédération protestante de France (FPF) a appelé à «cultiver inlassablement par la parole et les gestes, la fraternité et la solidarité au cœur de la société française qui nous permettront de nous tenir ensemble, déterminés». «Refusons de céder à la panique comme à la haine, resserrons les liens de la solidarité nationale en ces temps d'adversité», a exhorté l'autre grande organisation protestante, le Conseil national des évangéliques de France (Cnef).

- «BARBARES» - A l'issue du shabbat (samedi à la tombée de la nuit), le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a «enjoint la communauté nationale à manifester sa solidarité, dénoncer ces actes barbares et participer à toutes les cérémonies, les moments intimes de prière et de rassemblements républicains», estimant aussi qu'il fallait «désormais collectivement restaurer notre capacité à la vigilance».

«La France de la liberté a été touchée au cœur, la joie de vivre et de partager, si unique, a été une fois encore ensanglantée par la barbarie jihadiste», a dit de son côté le président de l'Union libérale israélite de France (Ulif), Jean-François Bensahel. «Devant tant d'horreurs, plus que jamais, il est de notre devoir de ne pas céder».