Le deuil national, une décision exceptionnelle en France

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Le président François Hollande prononce un discours à l'Elysée, le 14 novembre 2015 à Paris
Le président François Hollande prononce un discours à l'Elysée, le 14 novembre 2015 à Paris — STEPHANE DE SAKUTIN POOL

Le deuil national annoncé samedi par le président François Hollande pour une durée de trois jours, après les attentats sanglants de vendredi soir à Paris et en proche banlieue, est une décision exceptionnelle en France.

C'est en effet la sixième fois seulement qu'une telle mesure est décrétée sous la Ve République. Durant le deuil national, les drapeaux sont mis en berne et hissés à mi-mât sur les édifices publics et les administrations peuvent être fermées. Cette décision est prise par décret signé par le chef de l'État.

Un deuil national peut être accompagné d'obsèques nationales, notamment lorsqu'il s'agit du décès de personnes héroïques ou de personnalités ayant exercé un rôle moral, politique ou social important dans le pays.

- Le dernier deuil national en France remonte au début de l'année, le 8 janvier, qui avait été déclaré «jour de deuil national» en hommage aux douze personnes tuées dans l'attentat survenu la veille à Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo.

- Il faut remonter au 14 septembre 2001, trois jours après les attentats aux États-Unis, pour retrouver une mesure identique. Ce deuil avait été observé dans toute l'Union européenne, qui avait demandé aux États membres d'observer trois minutes de silence. Toute activité avait été suspendue à midi: drapeaux en berne, églises sonnant le glas, métros à l'arrêt, programmes de télévision interrompus et rassemblements sur des places publiques.

- Le 12 novembre 1970, un deuil national avait été décrété en hommage au général de Gaulle, décédé trois jours plus tôt, un an et demi après sa démission. Toutes les administrations publiques et établissements d'enseignement avaient été fermés, les réjouissances publiques et manifestations sportives reportées, ainsi que les audiences dans les tribunaux. La Bourse, les cinémas et théâtres étaient restés fermés.

- Quatre ans plus tard, le 2 avril 1974, Georges Pompidou décédait au cours de son mandat. Le 6 était décrété journée de deuil national. Selon les dernières volontés du président, toutes les administrations, à l'exception des services d'urgence, étaient fermées, ainsi que les établissements d'enseignement et les salles de spectacle. Les manifestations sportives étaient annulées.

- Après le décès de François Mitterrand, le 8 janvier 1996 -huit mois après son départ de l'Élysée-, une journée de deuil avait été décrétée le 11, jour des obsèques. Les drapeaux avaient été mis en berne et un «moment de recueillement» avait été observé dans les services publics à l'heure des funérailles à Jarnac (Charentes), dans sa ville natale. En revanche, ce deuil national n'avait pas entraîné la fermeture des services publics, ni des écoles. Les compétitions sportives avaient été maintenues, à la demande de la famille du président défunt.