Les communes aux noms burlesques se réunissent

INSOLITE Montéton ou Arnac-la-Poste vantent ainsi leurs produits du terroir à Vaux-en-Beaujolais...

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Réunis dans le Beaujolais, plusieurs centaines d'habitants de villages aux noms burlesques revendiquent samedi et dimanche la fierté d'habiter à Cessales, Marans ou Saint-Arnac.

A Vaux-en-Beaujolais (Rhône), symbole des querelles villageoises depuis que la commune a inspiré à Gabriel Chevallier le best-seller «Clochemerle», les stands d'Andouillé (Mayenne), Arnac-la-Poste, Folles (Haute-Vienne) ou encore Montéton (Lot-et-Garonne) vantent produits du terroir et légendes improbables.

«Quand on dit d'où on vient, on se fait un peu chambrer, alors aujourd'hui c'est un peu un clin d'oeil pour montrer qu'on est connu», glisse Jocelyn Pelé, un habitant de Bouzillé (Maine-et-Loire). Une commune dont l'origine remonte - selon une légende rabelaisienne - à une querelle de voisinage. Alors que le village se disputait avec une commune voisine pour savoir lequel était exactement à mi-chemin entre Nantes et Angers, Gargantua lui-même serait intervenu, aurait mis un pied à Nantes, l'autre à Angers, et, se soulageant, aurait tranché: «La bouse y est !».

Des communes qui se déchirent

Mais les querelles villageoises, toujours d'actualité, empêchent certains villages d'être représentés. Principaux responsables: des conseils municipaux tatillons et manquant probablement d'humour, qui ont refusé de verser l'enveloppe nécessaire à la venue d'une délégation. Bergère-les-Vertus (Marne) et Rancon (Haute-Vienne) ont ainsi dû renoncer à venir.

«Ce n'est pas si simple que ça au niveau des délibérations municipales dans les petites communes», témoigne Armelle Fernandez, rédactrice pour l'occasion du premier guide des communes aux noms burlesques. Les communes doivent en effet cotiser à hauteur d'environ 50 centimes d'euro par habitant, explique-t-elle.

Trécon boude avec Poil

Sans oublier les inconvénients d'un nom un peu trop drôle, comme pour la commune de Poil (Nièvre), qui peste contre la disparition régulière des panneaux situés à l'entrée du village.

Quant au maire de Trécon (Marne), il doit défendre seul avec sa femme l'honneur de sa commune, dont le conseil municipal aurait refusé de verser l'obole. Patrick Lasseube, le président de l'association des communes aux noms burlesques, juge cela «très con». Lui préfère souligner «l'occasion pour ces petits villages ruraux de se faire un nom avec leur nom», le slogan des rencontres.

L'an prochain, la manifestation ira dans l'Indre, à Vatan, où, malgré le nom du village, «promis juré, vous serez bien accueillis».