Il manque un milliard d’euros au ministère de l’Emploi

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Le rattachement de l'Emploi au ministère de l'Economie sous la houlette de Jean-Louis Borloo, et la séparation entre Economie et Budget, sont jugés pertinents par les économistes qui y voient le gage d'une meilleure efficacité de l'action publique.
Le rattachement de l'Emploi au ministère de l'Economie sous la houlette de Jean-Louis Borloo, et la séparation entre Economie et Budget, sont jugés pertinents par les économistes qui y voient le gage d'une meilleure efficacité de l'action publique. — Bertrand Guay AFP/Archives

Il manque un milliard d’euros au ministère de l’Emploi pour finir l’année. Jean Gaeremynck, délégué général à l’Emploi et à la Formation professionnelle, a annoncé à la commission des Finances de l’Assemblée qu’il aurait besoin d’une avance pour financer tous les politiques du ministère. En 2006, le ministère avait déjà eu besoin d’une rallonge, mais nettement moins importante (286 millions d’euros).

Si le budget 2007 risque de se finir dans la douleur, le projet de budget 2008 n’est pas encore ficelé. «La difficulté principale sera de trouver l’argent pour le Fonds de solidarité et pour l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des Adultes)», a expliqué Jean Gaeremynck. Pour 2007, l’Etat avait pioché dans le fonds alloué à la formation professionnelle gérée par les partenaires sociaux. Ces derniers s’en étaient indignés.

De plus en plus de destinataires

Les problèmes de financement du Fonds de solidarité ne se résoudront pas facilement: il lui manque 400 millions d’euros pour finir l’année et va devoir financer de nouvelles mesures. Le Fonds s’occupe déjà des allocations de solidarité spécifique (ASS), versées sous conditions de ressources aux chômeurs de longue durée. Il verse aussi les allocations équivalent retraite (AER) dont le nombre de destinataires s’accroît avec le vieillissement de la population. Et va devoir prendre en charge pour la première fois les indemnités versées aux intermittents du spectacle.

L'enveloppe budgétaire réservée aux contrats aidés, étoffée avant les élections, est elle aussi trop juste pour cette année. Il manque 300 millions d'euros, selon le ministère. Il faut aussi trouver 100 millions d'euros pour financer les mesures prévues en 2007 en faveur de l'emploi dans le secteur des hôtels, cafés, restaurants, et 100 millions pour servir les allocations de fin de formation. Le reste du déficit se répartit entre les préretraites, les stagiaires en formation professionnelle et l'AFPA.