Nathalie Kosciusko-Morizet botte en touche, les éleveurs anti-ours déçus

ENVIRONNEMENT Ils dénoncent l'«absence de réponse» de la secrétaire d’Etat…

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L'ourse slovène Franska, lâchée dans les Pyrénées en 2006 avec quatre autres plantigrades de même origine, a attaqué à plusieurs reprises les troupeaux, tuant près de 150 brebis, au grand dam des éleveurs, qui demandent sa capture et son retrait de la région.
L'ourse slovène Franska, lâchée dans les Pyrénées en 2006 avec quatre autres plantigrades de même origine, a attaqué à plusieurs reprises les troupeaux, tuant près de 150 brebis, au grand dam des éleveurs, qui demandent sa capture et son retrait de la région. — AFP/Archives

Les éleveurs opposés à la présence de l'ours dans les Pyrénées se sont déclarés déçus de n'avoir obtenu «aucune réponse» de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qu'ils ont rencontrée jeudi à Toulouse.

«Aujourd'hui on attendait des réponses. On ne les a pas. Peut-être qu'on les aura un jour de la présidence de la République, mais pas du ministère de l'Ecologie», a déclaré à la presse Philippe Lacube, l'un des leaders des anti-ours pyrénéens. Les autorités ont «sous-estimé ce qui s'est passé sur le terrain».

«Quand on veut enterrer un problème»

«Il y avait un immense espoir qui était fondé sur cette rencontre (...). Tous les Pyrénéens étaient là. Encore une fois, on est autiste, on n'entend pas».

«Quand on veut enterrer un problème, on ne fait pas mieux que de créer des commissions», a-t-il ajouté, évoquant les mesures proposées par la secrétaire d'Etat.

Celle-ci a notamment indiqué qu'elle allait demander une nouvelle expertise sur l'ourse slovène Franska -responsable de la mort de près de 150 brebis depuis son arrivée dans les Pyrénées en 2006- en faisant appel à des spécialistes étrangers et indépendants. Elle a également annoncé une évaluation «à mi-parcours» du plan de restauration de l'ours brun dans les Pyrénées et une meilleure définition de la «zone de présence» de l'ours dans le massif.

17 ans

Pour Franska, «on nous dit simplement que les spécialistes français ne sont pas assez bons, donc on va faire venir des spécialistes étrangers pour gérer ce problème. C'est quand même un certain constat d'échec pour nos spécialistes du plan ours», a commenté Philippe Lacube.

Franska a été lâchée dans les Pyrénées en 2006 avec quatre autres ours slovènes dans le cadre du programme de réintroduction de ce plantigrade dans le massif pyrénéen. La secrétaire d’Etat a d’ailleurs précisé que Franska était âgée de 17 ans au lieu des 7 annoncés. De nombreux éleveurs et élus demandent à ce qu'elle soit capturée et retirée de la région.