SNCM: le tribunal de commerce se donne deux semaines pour se prononcer sur la reprise

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Logo de la SNCM, le 20 mai 2015, à Marseille
Logo de la SNCM, le 20 mai 2015, à Marseille — Franck Pennant AFP

Le tribunal de commerce de Marseille, qui a entendu mercredi les quatre repreneurs potentiels de la SNCM détailler leurs offres pour la compagnie maritime en difficulté, rendra sa décision le 20 novembre, a-t-on appris auprès des candidats.

Quatre offres sont en lice pour reprendre l'ancienne entreprise publique, et proposent toutes de sauver 800 à 850 emplois, sur les 1.400 salariés en CDI de la SNCM.

Après de nombreux reports depuis le placement en redressement judiciaire de la compagnie il y a quasiment un an, les juges ont auditionné à huis-clos, l'un après l'autre, les repreneurs potentiels.

L'une des offres est présentée par la compagnie de transport basée en Floride Baja Ferries de l'homme d'affaires Daniel Berrebi, une autre par le transporteur corse Rocca, une troisième par le consortium d'entreprises corses Corsica Maritima (CM Holding), avec à sa tête l'homme d'affaires François Padrona, et la dernière par l'ancien directeur du port de Marseille Christian Garin, associé à l'armateur grec Arista.

Requérant après la présentation des quatre offres, le procureur «n'a pas nommément désigné de favori mais a demandé au tribunal d'écarter les candidatures de M. Garin et de Corsica Maritima», a rapporté à l'AFP Jean-François Simmarano de la CGT.

Le parquet n'était pas disponible mercredi soir pour confirmer ces affirmations.

Le dossier SNCM est scruté de près, que ce soit en Corse, où la liaison maritime avec le continent, subventionnée, est vitale pour l'économie insulaire, à Paris, pour son impact social potentiel, ou à Bruxelles, où la Commission européenne veille au respect des règles de la concurrence et des aides publiques.

Dans un ultime rapport que s'est procuré l'AFP, les administrateurs judiciaires qui ont examiné ces quatre offres se montraient circonspects, pointant notamment la nécessité de connaître les conditions de la future délégation de service public pour la liaison Corse-continent.

Ce mécanisme de subvention, que la SNCM partage avec sa concurrente La Méridionale pour maintenir des lignes pas forcément rentables à l'année mais respecter ainsi le principe de continuité territoriale, devra être modifié à partir de 2016 en vertu d'une décision de justice.

Pour les salariés, la question n'est pas tant celle du repreneur, que celle de cette nouvelle délégation de service public, fondamentale pour l'équilibre budgétaire de la future SNCM, mais dont les détails n'ont pas encore été déterminés par les autorités corses, a noté M. Simmarano, de la CGT.

«Si le 20 novembre, il n'y a pas de clarté sur la DSP, c'est l'aventure», a-t-il résumé.

Après avoir constaté l'état de cessation de paiement de la SNCM, le tribunal de commerce de Marseille avait placé la compagnie maritime en redressement judiciaire le 28 novembre 2014 et avait initialement fixé au 28 mai 2015 -soit six mois plus tard- la fin de la période d'observation prévue dans le cadre de cette procédure.

Celle-ci avait ensuite été prolongée de six mois supplémentaires, jusqu'au 28 novembre.