Nouvelle-Calédonie: prison requise contre un ancien président du gouvernement pour favoritisme

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Harold Martin, alors président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, le 21 août 2007 à Nouméa
Harold Martin, alors président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, le 21 août 2007 à Nouméa — Marc Le Chelard AFP

Trois ans de prison dont deux avec sursis ont été requis mercredi à Nouméa à l'encontre d'Harold Martin, ancien président du gouvernement calédonien, jugé pour favoritisme et prise illégale d'intérêt dans le cadre d'un marché défiscalisé de la téléphonie 3G.

La réquisition du procureur Hervé Ansquer est assortie de 5 ans de privation des droits civiques et de 75.000 euros d'amende.

Les mêmes peines de prison et d'amende ont été demandées pour Jean-Marc Bruel, ancien gérant du cabinet de défiscalisation «Calédonienne d'Ingénierie» avec une interdiction définitive d'exercer la profession de défiscaliseur. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre le troisième prévenu, expert comptable à Nouméa.

La décision a été mise en délibéré au 9 novembre.

Le procureur s'est employé à démontrer les liens «amicaux et d'affaires» entre MM. Martin et Bruel, qui ont conduit l'élu, «à intervenir tout au long de la procédure» pour que l'offre de la Calédonienne d'Ingénierie l'emporte.

A ce procès, qui a mis en lumière l'imbrication des milieux politiques et économiques calédoniens, il était reproché à Harold Martin d'avoir en 2010, alors qu'il était président du Congrès et président du conseil d'administration de l'Office des Postes et Télécommunications (OPT), favorisé M. Bruel afin qu'il réalise le montage financier du marché de la 3G en Nouvelle-Calédonie.

Ce marché d'un montant de 3,2 milliards CFP (26,8 millions d'euros) a été effectué sous le régime de la défiscalisation (loi Girardin). M. Martin (Les Républicains) a également été président de l'exécutif à deux reprises, entre 2007-2009 et 2011-2014.