Migrants à Calais «question à laquelle on ne peut pas, nous, répondre» déclare Le Guen

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Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen le 10 juin 2015 à l'Assemblée nationale
Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen le 10 juin 2015 à l'Assemblée nationale — BERTRAND GUAY AFP

Les migrants de Calais, qui souhaitent majoritairement passer en Grande-Bretagne, «posent une question à laquelle on ne peut pas, nous, répondre», a estimé mercredi Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, sur l'antenne de RFI.

«Nous ne pouvons pas facilement considérer que ces personnes puissent rester dans une situation de non-droit, par rapport à elles-mêmes et par rapport à la France, puisque, encore une fois, elles posent une question à laquelle on ne peut pas, nous, répondre», a déclaré M. Le Guen.

«Il n'y a pas de solution, il n'y a que des approches qui sont diverses, qui sont humanitaires, (...) il faut évidemment une aide humanitaire vis-à-vis de ces gens-là, mais en même temps, nous n'avons pas la réponse juridique à leur demande, ni même à leur souhait, puisqu'elles ne souhaitent pas rester sur le territoire français tout en y étant», a-t-il insisté.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve doit se rendre mercredi à la «Jungle» de Calais, où vivent environ 6.000 migrants dans des conditions précaires.

Huit cents artistes, intellectuels ou militants ont réclamé mardi «un large plan d'urgence pour sortir la +Jungle+ de Calais de l'indignité dans laquelle elle se trouve», dans un appel sur le site internet du quotidien Libération.

«Il y a sans doute à renforcer la question humanitaire, il y a sans doute à traiter d'une façon plus particulière le droit d'asile de ces personnes», a estimé Jean-Marie Le Guen, pour qui la France est «dans une situation un peu paradoxale»: «elle est amenée à gérer une situation de gens qui ne demandent pas l'asile au plan national, mais qui le demandent au plan britannique».

Il a écarté la réouverture d'un centre d'accueil comme celui de Sangatte, «où on laisse des milliers de personnes stationnées, avec la non-volonté de demander quelque chose à la France et l'espoir d'obtenir quelque chose de la Grande-Bretagne, que la Grande-Bretagne ne veut pas leur donner».

Ouvert en 1999, le centre de Sangatte, géré par la Croix-Rouge avait rapidement été en surcapacité, avec 2.000 personnes accueillies contre 800 prévues initialement. Il avait été fermé en 2002.