«Le service minimum est déjà en place dans l’éducation»

SOCIAL Les syndicats sont dubitatifs sur l’idée d’étendre le projet de loi sur les transports terrestres à...

Catherine Fournier

— 

Une salle de classe.
Une salle de classe. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Déjà remontés au sujet de la suppression de 10.000 à 17.000 postes à la rentrée, les syndicats n’apprécient guère la nouvelle idée du gouvernement d’étendre le projet de loi sur le service minimum à l’éducation. Il «accumule les sujets de conflit» et agit «sans concertation» a réagi mercredi le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.

«Pris à contre-pied»

«Avancer ce type de propos tout en invoquant sans cesse le dialogue social est paradoxal, puisqu'on enlève au salarié une partie des moyens de se défendre en réduisant de fait les possibilités d'exercer le droit de grève», a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était «très en colère».

Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa-education, est également surpris par cette annonce, d’autant que, selon lui, «François Fillon avait assuré aux organisations syndicales que l’éducation n’était pas concernée par la loi sur le service minimum. Il nous a pris à contre-pied.» Selon lui, «mieux vaudrait utiliser intelligemment le dispositif existant plutôt que de calquer le modèle des transports. La concertation prévue entre les syndicats et le ministère pendant les huit jours de préavis de grève n’a jamais lieu par exemple», souligne-t-il. Un avis partagé par le SGEN-CFDT, qui annonce qu'il s'opposera à toutes mesures visant à restreindre le droit de grève
des personnels.

«Les enfants, c’est autre chose que les transports»

Patrick Gonthier estime également contraire à la liberté démocratique l’article qui prévoit que chaque gréviste se déclare auprès de l’administration. «Aujourd’hui, même si l’enseignant prévient son chef d’établissement, il n’adresse pas de courrier à l’académie pour signaler qu’il va faire grève. C’est une mesure qui vise à dissuader les profs, qui craindront d’être fichés.» Et le syndicaliste de fustiger une remise en cause du droit de grève pour 1 million de personnes, l’Education nationale étant le plus gros employeur du service public.

La FCPE (fédération de parents d’élèves), susceptible d’être plus favorable au principe du service minimum, est elle aussi dubitative. «Qu’un projet de loi vise à renforcer l’accueil des enfants, pourquoi pas, mais qui s’en chargera et pour faire quoi? Si c’est pour du gardiennage, autant que les parents fassent appel à d’autres services qu’à l’école, explique le président de l’association, Farid Hamana. Et puis il y a des conditions de sécurité à respecter. Les enfants, c’est autre chose que les transports.»

Jours de congé ou RTT

La PEEP (parents d'élèves), au contraire, s'est dite «tout à fait favorable à l'extension du service minimum dans l'Education nationale». «Depuis très longtemps, la PEEP s'inquiète des problèmes qu'engendrent
les mouvements de grève. Les parents ont du mal à s'organiser - ils doivent prendre des jours de congé ou de RTT ou trouver des solutions de garde. En outre, les collectivités territoriales n'ont pas toujours l'organisation nécessaire, en primaire, pour accueillir les enfants», a-t-elle estimé.

Participez au débat et dites-nous ce que vous pensez que ce projet de loi va donner, en cliquant ici