Le Drian à la fois ministre et candidat : la presse critique

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian confirme le 16 octobre 2015 à Lorient (Morbihan) sa candidature à la présidence de la région Bretagne
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian confirme le 16 octobre 2015 à Lorient (Morbihan) sa candidature à la présidence de la région Bretagne — FRED TANNEAU AFP

La presse de samedi critique la décision de Jean-Yves Le Drian de mener la liste socialiste aux régionales en Bretagne tout en restant ministre de la Défense.

Confirmée vendredi, la candidature à la présidence de la région bretonne est un choix «des plus délicats pour M. Le Drian, écartelé entre les deux piliers de sa carrière politique», commente David Revault d'Allonnes dans Le Monde.

Dans l'immédiat, Jean-Yves Le Drian, «le baroudeur du Mali ou du ciel irakien, est envoyé sauver la Bretagne, sa terre natale», écrit Raymond Couraud de L'Alsace.

«Petite décision, mais grande conséquence», selon Yann Marec du Midi libre qui ne cache pas son incompréhension: «alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que la France est engagée militairement sur le terrain, Jean-Yves Le Drian zappe et change de disque dur. La cible n’est plus Raqqa, mais Rennes. Oups !»

Il reste que l'entrée en campagne avec un «adoubement élyséen a tout d’un cadeau empoisonné» pour Raymond Couraud (L'Alsace).

«C'est bien évidemment au lendemain du second tour, que le bât blessera : la Bretagne ou la défense ? Là réside la véritable incertitude», explique David Revault d'Allonnes (Le Monde).

Car «s’il s’asseyait le 13 décembre au soir dans le fauteuil présidentiel à Rennes, on voit mal comment l’exécutif pourrait, dans le climat actuel, justifier le maintien du ministre à son poste. Fût-il le meilleur d’entre eux...» estime Christophe Lucet dans Sud-Ouest.

Dans La Charente libre, Dominique Garraud relève que «la seule logique de cette double casquette inédite serait de permettre à Jean-Yves Le Drian de rester ministre de la Défense en cas de défaite historique dans son bastion breton». L'éditorialiste y voit un «mépris des usages politiques qui veulent qu’un ministre battu dans les urnes démissionne».