Les suicides en mai de trois ouvriers de PSA à Mulhouse s'ajoutent à une liste déjà longue dans l'automobile, où se concentrent pressions économiques et pratiques de management par le stress, favorisant un mal être visible désormais à tous les niveaux hiérarchiques.
Les suicides en mai de trois ouvriers de PSA à Mulhouse s'ajoutent à une liste déjà longue dans l'automobile, où se concentrent pressions économiques et pratiques de management par le stress, favorisant un mal être visible désormais à tous les niveaux hiérarchiques. — Olivier Morin AFP/Archives

REVUE DE PRESSE

«Pourquoi Mario est-il mort ?»

Les journaux s’interroge après un sixième suicide chez PSA...

Outre le projet de loi sur le service minimum et la réforme des institutions, tous les journaux s’interrogent mercredi matin sur les raisons qui ont poussé un sixième salarié de PSA à se donner la mort mardi. «Pourquoi Mario est-il mort» titre ainsi «L’Humanité», qui précise que «les syndicats mettent en cause l'inhumanité croissante des conditions de travail».

Conférence sociale

C’est bien là la question. Faut-il voir un lien entre ces suicides et l’entreprise? «Toutes ces morts ne sont sans doute pas liées - ou uniquement liées - au travail, répond «Libération», qui consacre son événement au sujet. Mais le rapport entre travail et suicide, longtemps tabou, fait désormais débat.» Et le quotidien de rappeler que «le stress au travail fera partie des sujets qui seront débattus lors d’une conférence sociale entre syndicats, patronat et gouvernement sur les conditions de travail à la rentrée». «La compétition suscitée par l’économie de marché peut faire des vainqueurs et des vaincus, et la solidarité implique de secourir les seconds. Rien ne saurait justifier qu’elle fasse des morts à l’ouvrage», conclut Renaud Dély dans son éditorial.

«Le Parisien» donne quant à lui «l’alerte». Consacrant également un dossier complet à l’affaire, le quotidien souligne qu’«elle a pris mardi une dimension nationale, puisque le ministre du Travail Xavier Bertrand s'est dit très préoccupé». Tout en rappelant qu’«il est très difficile de faire un lien direct entre suicide et souffrance au travail, (...) «aucun recensement précis» n’existant à ce jour, le journal donne la parole à un retraité de PSA Sochaux. Le tableau n’est pas brillant. «Quand on était jeunes, dans les années 1960 et 1970, il y avait une bonne ambiance à l'usine. (...) Aujourd’hui, «il faut être polyvalent, il faut s'investir et être plus performant que son collègue, même sur la chaîne. Par exemple, les chefs d'atelier remettent des primes individuelles. Du coup, plus personne ne montre sa fiche de paye.»

«Ce radar qui nous flashe»

Mêmes échos dans le «Figaro», qui affirme que les employés «aimeraient que leur hiérarchie s'attaque aux racines du malaise ambiant». Et l’un d’entre eux d’évoquer «ce radar qui nous flashe dans l'enceinte du site», mais aussi «ces courriers adressés aux salariés malades et/ou trop souvent absents». Florence, mèches violettes sur cheveux longs, s’insurge : «Quand vous avez 4 blouses [chefs] qui tombent sur un type tout juste rentré de congé maladie, impossible de tenir», dit-elle. La jeune femme, elle, a choisi : « Je viens pour gagner ma vie, pas pour la perdre ».