La CGT monte au créneau contre le service minimum

SOCIAL Bernard Thibault appelle à une journée d’action le 31 juillet...

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Les syndicats ont reproché à François Fillon de les mettre devant le fait accompli, mardi après le discours de politique générale du Premier ministre, qui fait selon eux fi de leurs critiques et anticipe le résultat des négociations entre partenaires sociaux.
Les syndicats ont reproché à François Fillon de les mettre devant le fait accompli, mardi après le discours de politique générale du Premier ministre, qui fait selon eux fi de leurs critiques et anticipe le résultat des négociations entre partenaires sociaux. — Stephane de Sakutin AFP/Archives

«Un bel exemple d’hypocrisie politique.» C’est ainsi que Bernard Thibault qualifie le projet de loi sur le service minimum, examiné depuis mardi au Sénat. Dans une interview accordée à «Libération» mercredi, le secrétaire général de la CGT appelle à une journée d’action le 31 juillet, au moment où le texte devrait être étudié à l'Assemblée nationale.

«Dangerosité du texte»


Au-delà de cette journée, le leader de la CGT prévient que les questions sociales seront «prédominantes» à la rentrée. «Si le gouvernement continue d'ignorer l'opinion des syndicats, il ne pourra pas s'étonner que l'ambiance devienne plus tendue. (...) Il n'y a pas besoin de préavis formel pour cela», a-t-il indiqué en référence au projet de loi.

Les démarches des syndicats «pour essayer de convaincre le président de la République et le gouvernement n'ont servi à rien: nos mises en garde sur l'inutilité voire la dangerosité du texte n'ont pas été entendues», déplore le leader CGT, qui rappelle que «90% des perturbations dans les transports n'ont rien à voir avec la grève (et) sont le plus souvent liées à des incidents techniques».

«Droit constitutionnel»

Bernard Thibault dénonce également dans ce texte «des atteintes au droit constitutionnel de grève. On veut imposer une hiérarchie entre les droits constitutionnels, comme si le droit de grève devenait un droit mineur, opposé à d’autres droits «supérieurs», comme la liberté d’entreprendre ou la liberté de circulation», souligne-t-il.