Un rapport explosif sur les 35 heures à l’hôpital

SANTE Le gouvernement mettra en ligne cet après-midi...

C. F.

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Une nouvelle alerte a conduit le ministère de la Santé à suspendre l'activité de radiothérapie du cerveau dans quatre hôpitaux à Nancy, Montpellier, Tours et Paris, entraînant le rappel de quelque 600 patients en consultation.
Une nouvelle alerte a conduit le ministère de la Santé à suspendre l'activité de radiothérapie du cerveau dans quatre hôpitaux à Nancy, Montpellier, Tours et Paris, entraînant le rappel de quelque 600 patients en consultation. — Jean Ayissi AFP/Archives

Rédigé il y a plus de six mois, le rapport sur les 35 heures à l’hôpital ne sera publié que ce mardi après-midi, sur le site du ministère de la Santé. Et pour cause, ce document de la conseillère générale des hôpitaux, Dominique Acker, pointe la mauvaise gestion des RTT au sein des hôpitaux, qualifiée de «bombe à retardement» par «Le Parisien» daté de lundi. Selon le quotidien, ce rapport aurait ainsi été «soigneusement caché pendant la période électorale qui vient de s'écouler».

Partir plus tôt à la retraite

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur les 35 heures en 2002, près de 30.000 médecins hospitaliers auraient déjà cumulé 1 million de jours, soit presque autant (1,225 million) que les infirmiers et autres cadres. Faute de pouvoir être éclusés au quotidien, ces jours épargnés leur permettraient, comme le prévoit la loi, de partir plus tôt à la retraite. Les hôpitaux publics se trouveraient ainsi en grande pénurie de personnel, notamment à partir de 2010, comme c’est déjà le cas l’été.

Pour éviter ce scénario, le rapport Acker préconiserait de racheter ces RTT au personnel hospitalier. Mais la facture serait élevée, selon «Le Parisien», qui évoque près d’1 milliard d’euros. «Les spécialistes touchés par les pénuries (anesthésistes, radiologues,...) seraient alors mieux placés que d'autres pour négocier», note le quotidien.

«2,2 milliards d’heures travaillées»

Le député du Nouveau Centre (NC), Charles de Courson, a lui même mis en garde le gouvernement, lundi à l'Assemblée nationale, contre cette «bombe à retardement».
Selon lui, ces comptes épargne temps totaliseraient «2,2 milliards d'heures travaillées non payées». Faudra-t-il les rémunérer en heures sup défiscalisées?