Jamal Dati veut pouvoir «tourner la page»

JUSTICE Le frère de la ministre de la Justice est jugé en appel ce mardi...

AFP

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Dans son premier discours à la tribune du Palais-Bourbon, Mme Dati devrait, comme elle l'a fait au Sénat, défendre un texte "ferme mais juste" dont elle veut faire "un signal de fermeté envoyé à des délinquants endurcis".
Dans son premier discours à la tribune du Palais-Bourbon, Mme Dati devrait, comme elle l'a fait au Sénat, défendre un texte "ferme mais juste" dont elle veut faire "un signal de fermeté envoyé à des délinquants endurcis". — Stéphane de Sakutin AFP
«On n'entendra plus jamais parler de moi». C'est ce qu'a promis Jamal Dati, rejugé mardi par la cour d'appel de Nancy pour trafic de stupéfiants. Le frère de la ministre de la Justice a demandé à pouvoir «tourner la page» peu avant l'ouverture de l'audience à 13h30.

«Elle, c'est elle, moi, c'est moi»

«Il veut tourner la page, a confirmé son avocat, Gérard Michel. Avec cette affaire, il a sali sa propre vie mais il a aussi l'impression d'avoir sali celle de sa soeur», la garde des Sceaux.


Dans un entretien publié le même jour par «L'Est Républicain», Jamal Dati affirmait en effet au sujet de Rachida Dati : «Elle, c'est elle, moi, c'est moi». Il espère que son procès ne «rejaillira pas» sur sa sœur,

Son avocat espère pour sa part que son client «sera jugé comme un justiciable normal». «En première instance, avec le sursis et l'obligation de soins, il a été bien jugé. J'espère que la cour (d'appel) confirmera», ajoute-t-il.

En février, Jamal Dati, âgé de 34 ans, avait été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et obligation de se soigner par le tribunal correctionnel de Verdun (Meuse), mais le ministère public avait fait appel de cette condamnation. Il était poursuivi avec trois autres personnes pour transport de cannabis et d'héroïne, détention, offre ou cession, acquisition, usage et importation de substances illicites.

Dépendant pas trafiquant

En 2001, le frère de la garde des Sceaux avait déjà été condamné à trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois ferme, pour un trafic d'héroïne dans la région de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). «J'étais dépendant, pas un trafiquant comme j'ai pu le lire et l’entendre, affirme-t-il. Je ne me suis enrichi de rien. Au contraire, je me suis endetté pour pouvoir me fournir.»

Jamal Dati, père d'un petit garçon de deux mois, s'est reconverti comme tuyauteur dans une entreprise de travaux publics de la Meuse où il travaille depuis deux ans. «Mes patrons m'ont beaucoup aidé. Ils ont toujours été à mon écoute et j'ai envie de m'en sortir», explique-t-il.