En grève depuis 10 jours, des femmes de chambre du luxueux W Paris-Opéra manifestent

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Une manifestation de femmes de chambre et gouvernantes de l'hôtel parisien Park Hyatt, contre la sous-traitance, le 24 septembre 2013
Une manifestation de femmes de chambre et gouvernantes de l'hôtel parisien Park Hyatt, contre la sous-traitance, le 24 septembre 2013 — Fred Dufour AFP

En grève depuis 10 jours pour être mieux payées, des femmes de chambre et gouvernantes employées en sous-traitance par le luxueux hôtel W Paris-Opéra ont défilé jeudi, avec leurs soutiens, dans la capitale.

«On a mal au dos, on a mal aux pieds, on a mal aux mains, il faut payer!», ont chanté les quelque 70 manifestants, avant de danser sur «Tomber la chemise», du groupe de rock Zebda, «spéciale dédicace à tous les DRH de ce pays», référence au DRH d'Air France malmené lundi par des manifestants.

Sur la trentaine de femmes de chambre et gouvernantes employées en sous-traitance par l'hôtel W Paris Opéra (groupe Starwood Hotels and Resorts Worldwide), 25 sont en grève depuis le 29 septembre, selon la CGT des hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE).

Elles demandent notamment le versement d'un 13e mois, le remboursement à 100% du pass Navigo ou encore le droit à des tickets restaurants de 7,04 euros. «Pas le Pérou», résume Claude Levy, de la CGT-HPE, mais l'«égalité de traitement avec les employés en interne».

Les grévistes et leurs soutiens - employés sous-traitants dans d'autres hôtels, représentants syndicaux et quelques militants du Front de gauche et du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), dont Philippe Poutou -, se sont rassemblés devant le Westin Paris-Vendôme (groupe Starwood, également) avant de marcher vers le W Paris-Opéra.

Contacté par l'AFP, le groupe Starwood fait valoir que les grévistes ne sont pas directement employées par l'hôtel, mais par le sous-traitant, la société Luxe et Traditions, qui travaille pour plusieurs grands hôtels parisiens. «C'est donc à Luxe et Traditions de négocier avec ses employés», déclare une porte-parole du groupe.

Mais en faisant directement pression sur l'hôtel, soucieux de son image de marque, la CGT-HPE espère qu'il renégociera à la hausse le contrat de sous-traitance, ce qui permettrait, espèrent les grévistes, à Luxe et Traditions de mieux payer les employées.

Jointe par l'AFP, la société Luxe et Traditions a refusé de réagir.

Fin septembre, des employés en sous-traitance du luxueux Park Hyatt Paris-Vendôme avaient obtenu des revalorisations salariales à l'issue d'une grève éclair.