Nadine Morano persiste et signe, sa candidature aux régionales bientôt retirée

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Nicolas Sarkozy (g) et Nadine Morano, alors ministre de l'Apprentissage, lors d'une visite à Metz le 1er janvier 2012
Nicolas Sarkozy (g) et Nadine Morano, alors ministre de l'Apprentissage, lors d'une visite à Metz le 1er janvier 2012 — Charles Platiau POOL

L'eurodéputée Nadine Morano devrait se voir retirer son investiture Les Républicains en Meurthe-et-Moselle aux élections régionales après qu'elle a réitéré mercredi ses propos polémiques sur la «race blanche».

Nicolas Sarkozy, silencieux depuis samedi sur ce sujet, a finalement saisi la Commission nationale d'investiture, comme le demandait la tête de liste du parti pour les élections régionales dans le Grand Est, Philippe Richert. L'objet de cette saisine est clair, selon un communiqué du parti: «retirer l'investiture en Meurthe-et-Moselle à Nadine Morano».

La commission se penchera sur ce cas mercredi prochain, a précisé à l'AFP Sébastien Huyghe, un des porte-parole des Républicains.

Sarkozyste fervente pendant de nombreuses années, Mme Morano, plusieurs fois ministre durant le dernier quinquennat, avait vu son étoile pâlir depuis sa défaite aux législatives en 2012. Elle affiche depuis son intention de se présenter à la primaire de 2016, à laquelle Nicolas Sarkozy devrait aussi être candidat.

«J’aime la liberté, j’adore le débat. Je préside une formation politique avec des sensibilités multiples, mais je n’accepterai aucun dérapage, parce que je ne veux pas la caricature de ce que nous sommes», a déclaré Nicolas Sarkozy dans un discours lors de la matinée de travail du parti sur la réforme du Code du travail.

«Les positions de Nadine Morano ne sont, aujourd'hui, pas compatibles» avec les orientations de son équipe, a estimé de son côté M. Richert. Il a dénoncé l'«effet ravageur» de ses propos, estimant qu'elle «nous met en difficulté pour cette campagne».

Nadine Morano, elle, ne désarme pas. «Evidemment que je maintiens mes propos», a-t-elle lancé sur Europe 1, avant l'annonce de la saisie de la commission d'investiture.

Elle avait déclaré, samedi sur le plateau de l'émission «On n'est pas couché» de France 2: «Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères». A l'appui de ses propos, elle a de nouveau cité mercredi le général de Gaulle, lisant un extrait des «Mémoires d’espoir».

Elle a reçu le soutien encombrant du président d'honneur exclu du Front national, Jean-Marie Le Pen, pour qui l'ancienne ministre a «énoncé une évidence historique multiséculaire» en qualifiant la France comme pays de «race blanche».

- 'Je n’ai rien dit de répréhensible' -

Nadine Morano a fait valoir pour sa défense qu'on avait «instrumentalisé» ses propos, assurant avoir reçu «des milliers de mails» de soutien, y compris de «gens de couleur».

Elle a rendu coup sur coup aux critiques dont elle a été l'objet, particulièrement virulente envers la numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait fermement condamné ses propos et clairement laisser entendre qu'elle souhaitait une sanction.

«Quand Nathalie Kosciusko-Morizet aime à se référer à une tueuse - elle dit je suis une tueuse -, je ne pensais pas qu’elle voulait assassiner le débat démocratique. (...) Je ne savais pas qu’elle avait elle seule sa liberté d’expression et qu'elle incarnait la police de la pensée dans notre famille politique», a-t-elle lancé.

«Je n’ai rien dit de répréhensible. D’ailleurs je n’ai pas de plainte contre moi, je n’ai jamais été condamnée sur rien, je suis d’une probité et d’une honnêteté que personne ne remet en cause et donc je ne vois pas comment j’arriverais devant un tribunal dans ma famille politique», s'est-elle justifiée, invitée mercredi par plusieurs médias.

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a jugé les propos de l'eurodéputée «inqualifiables, inadmissibles». «Le minimum, c'est qu'il y ait des sanctions qui soient prises», a-t-il dit à l'issue du Conseil des ministres, ajoutant : «là, c'est le pacte républicain qui est en jeu».

SOS Racisme s'est félicité dans un communiqué de «la décision du parti Les Républicains de retirer prochainement l’investiture qu’il avait accordée à Nadine Morano aux élections régionales», mais a estimé qu'elle ne «saurait être suffisante», appelant Les Républicains «à tirer toutes les conséquences des propos de Nadine Morano».