L'Express : le CE reporté à vendredi, les négociations continuent

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Une couverture de L'Express, dans un kiosque à journaux, le 11 janvier 2008 à Paris
Une couverture de L'Express, dans un kiosque à journaux, le 11 janvier 2008 à Paris — Joël SAGET AFP

Le comité d'entreprise du groupe L'Express, au cours duquel la nouvelle direction devait présenter lundi un plan social concernant 125 salariés, a été ajourné à vendredi mais les syndicats ont décidé de poursuivre les négociations avec la direction, a-t-on appris de sources syndicales.

Sous le choc, environ 150 salariés du groupe se sont réunis en AG pendant deux heures dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le plan social prévoit le départ de 125 salariés plus huit pigistes permanents, indiquent des documents de la direction. Ils s'ajouteront aux 115 départs volontaires dans le cadre d'une clause de cession ouverte cet été, qui permettait aux journalistes de partir avec des indemnités majorées. Au final, le groupe passera de 700 à 500 salariés, avec une réduction d'environ un tiers des effectifs des rédactions.

Pour protester contre ce projet que la SDJ a qualifié de «carnage», les journalistes envisageaient ce week-end de bloquer la sortie de l'hebdomadaire ou de faire grève. Pour éviter ce risque, la direction a préféré repousser le CE à vendredi.

Les syndicats vont poursuivre les négociations avec la direction, espérant rencontrer la ministre de la Culture Fleur Pellerin jeudi.

L'homme d'affaires Patrick Drahi qui, après Libération, a racheté cette année le groupe L'Express (regroupant, outre l'Express, une série de magazines comme l'Expansion, Mieux vivre votre argent, Point de vue, Lire, Studio Cinélive, L'Etudiant, Lire...) mène depuis plusieurs mois une chasse aux coûts dans ce pôle qui a perdu 9 millions d'euros l'an dernier.

A l'issue de ce plan social, il resterait notamment 75 journalistes rédacteurs dans les rédactions de l'hebdomadaire L'Express version papier, de son site et de son supplément Style contre 111 précédemment. Le seul magazine papier, créé il y a 62 ans, conserverait environ 35 journalistes rédacteurs.

Deux titres devraient fermer, Maison française et Décoration Internationale, et les magazines déco (Côté sud, Côté ouest...) paraîtront moins souvent. La régie publicitaire sera filialisée, ainsi que le magazine L'Etudiant, soit 222 postes en tout.

«On a besoin de quelques millions de la part d'un milliardaire. Patrick Drahi a la responsabilité de ne pas nous laisser tomber», a lancé Jacques Trentesaux (CFDT). Laurent Vrbiça (CFDT) a lui dénoncé un «management fantôme» et sans projet.

«Le journal a des archaïsmes et des scléroses», a répondu le rédacteur en chef Christophe Barbier devant l'AG, qui l'a fraîchement accueilli.

«Je préfère accompagner ce PSE plutôt que prendre mes sous et partir», a-t-il expliqué à l'AFP. «Je veux protéger les moyens nécessaires pour faire un nouvel Express mais je ne resterai pas à la tête d'un magazine qui ne paraît pas», a-t-il averti.

Interrogée par l'AFP, la direction n'a fait aucun commentaire.