«Un désir de maternité» probablement à l'origine de la disparition d'Alyssa

avec AFP

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La petite Alyssa, "en bonne santé", a été rendue à ses parents dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures après avoir été retrouvée, aux alentours de 21H00, dans un quartier périphérique au nord de Bordeaux, la cité des Aubiers, a-t-on indiqué de source policière.
La petite Alyssa, "en bonne santé", a été rendue à ses parents dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures après avoir été retrouvée, aux alentours de 21H00, dans un quartier périphérique au nord de Bordeaux, la cité des Aubiers, a-t-on indiqué de source policière. — Patrick Bernard AFP

L' adolescente de 17 ans était toujours en garde à vue samedi soir à Bordeaux après la disparition pendant plus de 24 heures d'Alyssa, 3 ans, retrouvée vendredi soir, une disparition semble-t-il motivée par le «désir de maternité» de la jeune fille.

Alyssa, «en bonne santé», a été rendue à ses parents dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures après avoir été retrouvée, aux alentours de 21h, dans un quartier périphérique au nord de Bordeaux, la cité des Aubiers, a-t-on indiqué de source policière.

«L'enfant ne présente pas de traumatisme, en l'état», a confirmé samedi Christian Lagarde, vice-procureur au TGI de Bordeaux, soulignant qu'il n'y «avait apparemment pas eu de malveillance».

«Gentille»

Sur la chaîne LCI, Sabah El Ouardi, la mère d'Alyssa, a affirmé que l'adolescente avait «apparemment» été «gentille» avec sa petite fille. «Je lui ai posé des questions. Elle me disait: “Oui, “Tatie” a été gentille, elle ne m'a pas tapée”, donc, apparemment, ça va», a-t-elle ajouté, sa fillette dans les bras.

Sophie, la jeune fille à qui les parents avaient confié leur fille jeudi après-midi, était elle toujours en garde à vue samedi soir et une expertise psychiatrique était en cours, a-t-on indiqué de source judiciaire.

«Une marginale»

Les enquêteurs tentent de reconstituer l'emploi du temps de l'adolescente et de l'enfant et, surtout, de déterminer les motivations de Sophie, présentée par les policiers comme «une marginale», «en rupture avec sa famille depuis un mois».

Les premiers éléments de l'enquête soulignent son «désir de maternité», a affirmé le vice-procureur. «Apparemment, c'est quelqu'un qui est en manque d'enfant, et qui, peut-être, a pris cette petite fille à laquelle elle s'était attachée», a-t-il ajouté.

Fausse identité

Lors de son interpellation, la jeune Sophie «a déclaré une fausse identité et s'est prétendue être la maman de la petite», a précisé le directeur départemental de la sécurité publique, Albert Doutre.

Devant les policiers, la jeune fille a ensuite affirmé qu'elle avait l'intention de rendre l'enfant à ses parents, selon le vice-procureur.

Cinq ans d'emprisonnement encourrus

Pour l'infraction retenue de «soustraction de mineure à la garde des personnes qui exercent la garde parentale», elle encourt une peine de cinq ans d'emprisonnement, a-t-il rappelé. Quant à une éventuelle préméditation, il a souligné: «On peut le supposer, mais ce sera à l'enquête de le déterminer.»

L'adolescente doit être présentée ce dimanche au procureur de la République et une information judiciaire doit être ouverte, a précisé une source policière.

Garde à vue levée pour l'homme

La garde à vue de l'homme de 38 ans interpellé vendredi soir en compagnie des deux mineures a en revanche été levée samedi après-midi, a-t-on indiqué de source policière. Il aurait hébergé les deux mineures dans son appartement de la cité des Aubiers, a-t-on expliqué de source proche de l'enquête.

Sophie et Alyssa ont été retrouvées quelques heures après un appel à témoins lancé par le parquet, grâce à un appel téléphonique d'une habitante de la cité, a-t-on expliqué de source policière.

«A la suite de l'appel à témoins, nous avons reçu une dizaine d'appels dans la journée de vendredi. Tous ces appels ont été exploités, jusqu'au dernier», selon le vice-procureur.

Le père de la fillette, âgé de 29 ans, avait confié l'enfant à Sophie, en qui il avait confiance. S'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles dans la soirée de jeudi, la famille, qui habite dans le quartier Saint-Michel, dans le centre historique de Bordeaux, avait prévenu la police.