«Vive inquiétude» de SOS Racisme face à l’immigration choisie

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L'association SOS racisme a exprimé lundi sa «plus vive inquiétude» après l'annonce par l'Elysée de la mise en place d'un objectif d'immigration économique représentant 50% de l'immigration de longue durée en France.

Remise en cause du regroupement familial

L’association estime que cet objectif et «la limitation absolue du nombre d'entrées sur le territoire», remettent «très gravement en cause le regroupement familial».
«Nous rappelons que la France, par son droit et à travers les conventions internationales qui la lient, reconnaît le droit de chacun à vivre en famille», ajoute l'association.
«Quand un pays doute de lui-même, il est assez logique - bien que dommageable - que les tendances au repli prévalent. Mais face à cet état d'esprit, le rôle de l'Etat et de ceux qui le représentent n'est pas de flatter le repli identitaire mais de rendre confiance au pays», déclare encore SOS Racisme.

«Aucun pays au monde» n'atteint ce taux


Le directeur de recherche au CNRS Patrick Weil a pour sa part souligné qu' «aucun pays au monde» n'atteignait le taux de 50% d'immigration économique et que la France ne pourrait le faire qu'en «violant massivement le droit à une vie de famille normale».

Même au Canada, «où l'immigration économique est extrêmement favorisée, le taux est de 27%», a-t-il affirmé à l'AFP. Selon lui, l'immigration aux fins de regroupement familial est en réalité plus élevée au Canada qu'en France.

La Cimade et le Gisti (Groupe d'intervention et de soutien aux travailleurs immigrés) ont annoncé qu'ils commenteraient mardi l'objectif gouvernemental mais ont également dénoncé immédiatement l'atteinte au «droit à vivre en famille».

Selon un rapport de la Direction de la population et des migrations de janvier, 135.900 étrangers, non compris les demandeurs d'asile, ont été admis au titre du séjour permanent en 2005, dont 95.400, soit environ 70%, au titre du regroupement familial.