Nicolas Sarkozy, «un piranha dans un bocal de poissons rouges»

POLITIQUE L’ouverture à gauche du Président continue de faire gloser...

avec AFP

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Nicolas Sarkozy a fait samedi de nouvelles avances à la gauche, ciblant cette fois le sommet du PS: il soutient Dominique Strauss-Kahn pour diriger le FMI et propose à Jack Lang de réfléchir à la réforme des institutions, au risque de déboussoler un peu plus ce parti.
Nicolas Sarkozy a fait samedi de nouvelles avances à la gauche, ciblant cette fois le sommet du PS: il soutient Dominique Strauss-Kahn pour diriger le FMI et propose à Jack Lang de réfléchir à la réforme des institutions, au risque de déboussoler un peu plus ce parti. — Stéphane De Sakutin AFP/Archives

François Bayrou a le sens de la métaphore. Le président du MoDem a comparé Nicolas Sarkozy à «un piranha dans un bocal de poissons rouges», dimanche, lors du Grand Jury RTL/LCI/«Le Figaro». Le leader centriste faisait allusion à la stratégie d’ouverture du Président.

«Une bonne photo»

Il a rappelé que lui-même avait préconisé «l’union nationale» pendant la campagne présidentielle, une option alors «rejetée» par le candidat UMP. «C'est ce que j'avais dit que je le ferai et Nicolas Sarkozy avait dit exactement le contraire.»

François Bayrou a toutefois reconnu que Nicolas Sarkozy avait été «habile». «Il a été habile, il a su multiplier les images, je pense que la photo de son gouvernement est une bonne photo. Après, on verra ce qu'il en est de la réalité», a-t-il déclaré.

Bloquer une modification de la Constitution

François Hollande a pour sa part fustigé le calcul du Président. «Il ne faudrait pas qu'une possibilité qui serait offerte à l'Europe et à la France de diriger le FMI puisse être utilisée à des fins de politique intérieure.» Nicolas Sarkozy a annoncé dans le «Journal du dimanche» vouloir que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France pour le poste de directeur du Fonds monétaire international.

Le Président a aussi proposé à Jack Lang ou encore Olivier Schrameck (ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin) de rejoindre la commission qui sera chargée de la réforme des institutions. Réclamant que les partis puissent désigner eux-mêmes leur représentant à la commission institutionnelle, le Premier secrétaire du PS a mis en garde Nicolas Sarkozy lundi, menaçant d’un blocage de la gauche sur une éventuelle modification de la Constitution.

«Bien joué»

«Nous avons la possibilité de la faire passer ou pas passer», a averti François Hollande, rappelant qu'une majorité parlementaire des 3/5èmes était nécessaire au Congrès (députés et sénateurs) pour adopter une réforme de la Constitution.

Problème, tout le monde n’est pas du même avis au PS. Gérard Collomb, maire de Lyon, a estimé dans un entretien au «Figaro» daté de lundi que Nicolas Sarkozy avait «bien joué» en «bousculant les lignes». Il invite les dirigeants de son parti à «réfléchir à une rénovation en profondeur du PS, aujourd'hui indispensable» et conseille à Ségolène Royal «de préparer elle aussi son projet pour la France, au lieu de s'enfermer dans des jeux tacticiens».