Sarkozy trinque avec la gauche et sème le trouble

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Débauches d'énergies. En poursuivant sa volonté d'ou­verture, cette fois en direction de cadres socialistes de tout premier plan, Ni­colas Sar­kozy déboussole un peu plus encore le PS tout en suscitant des mécontentements au sein de son propre parti. Dans une interview publiée hier dans Le Journal du Dim­an­che, le Président a ainsi annoncé vouloir que Dominique Strauss-Kahn soit le candidat de la France pour le poste de directeur du Fonds monétaire international, le FMI (lire ci-dessous). Ven­dredi, le nom de Laurent Fa­bius était également cité par l'Elysée mais l'entourage de l'ex-Premier ministre faisait savoir dans la soirée qu'il n'était pas in­té­ressé. Nicolas Sarkozy a aussi pro­posé à Jack Lang ou encore Olivier Schrameck (ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin) de rejoindre la commission qui sera chargée de la réforme des institutions.

Les propositions du président de la République sont d'autant plus habiles que Strauss-Kahn peut faire l'unanimité à droite comme à gauche et que Jack Lang semble intéressé par l'offre présidentielle. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy a déjà placé six personnalités de gauche dans son gouvernement et a commandé un rapport sur la mondialisation au socialiste Hubert Védrine. La méthode ne plaît guère au PS. « Il n'appartient pas au gouvernement ou au Président de nommer des socialistes dans des commissions », a déjà indiqué François Hollande. Jean-Marc Ayrault allait plus loin la semaine passée en menaçant d'exclure Jack Lang du groupe PS à l'Assemblée. D'un autre côté, Manuel Valls, député socialiste de l'Essonne, a appelé hier dans une interview au Pari­sien, à ne pas diaboliser Nicolas Sarkozy.

Problème, ça grince aussi des dents dans le propre camp du Président. François Fillon en a fait l'expérience samedi lors du conseil national de l'UMP. Venu y vanter l'ouverture, le Pre­mier ministre a reçu un accueil glacial des conseillers nationaux. « Je crois qu'il va falloir encore vous convaincre », a reconnu Fillon. Il a intérêt à faire vite car, selon des responsables de l'UMP, le débauchage à gauche et au centre pourrait se poursuivre à l'occasion des municipales.

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