L'Eglise doit y retrouver son latin

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Deus ex machina. La décision ­du pape Benoît XVI, samedi, de faciliter la messe en latin suscite des réactions diverses au sein de l'Eglise catholique française. D'un côté, les instances officielles ne cachent pas un certain embarras. De l'autre, les catholiques traditionalistes sont aux anges. Car désormais, même si la forme « ordinaire » de la liturgie, c'est-à-dire en français, reste la norme, tout groupe de fidèles pourra demander au prêtre la forme « extraordinaire », à savoir la messe en latin.

Dans la pratique, ce décret papal risque de poser des problèmes, comme le reconnaît le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France. Il a évoqué comme difficultés le fait que la plupart des prêtres n'ont jamais appris la liturgie ancienne, que d'autres l'ont oubliée. Il s'est demandé aussi à partir de combien de personnes peut-on parler d'un « groupe de fidèles ». « Va-t-on instaurer une formation à la messe traditionnelle au séminaire et les prêtres devront-ils choisir leur liturgie au moment de leur ordination », s'est-il également interrogé. Cette décision du pape a pour but de faire revenir dans le giron de l'église, les catholiques traditionalistes et intégristes qui s'en étaient éloignés, notamment en France sous l'action de Mgr Lefebvre. Reste que désor­mais les paroissiens devront accepter des cérémonies religieuses respectant scrupuleusement la liturgie, tandis que les traditionalistes devront reconnaître l'autorité du pape.