Les prisons pas touchées par la grâce

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L'été risque d'être ­particulièrement chaud dans les prisons. La décision de Ni­colas Sarkozy de ne pas accorder cette année de grâces col­le­ctives à l'occasion de la fête nationale du 14 Juillet inquiète les professionnels. Car celles-ci sont devenues au fil des années un instrument de régulation de la surpopulation pénitentiaire. Au 1er juin, il y avait, selon l'Administration pénitentiaire, 60 870 personnes incarcérées en France. Le CNRS évalue à 12 000 le nom­bre de détenus en surnombre, certaines maisons d'arrêt ayant un taux d'occupation de plus de 200 %. En 2006, les grâces collectives avaient ainsi permis environ 3 500 sorties anticipées.

L'absence de remises de peine cette année est perçue com­me « une étincelle pouvant mettre le feu aux prisons », par le président de l'Observatoire international des prisons, Ga­briel Mouesca. Surtout que l'été, la chaleur accentue les désagréments de la surpopulation et les tensions. « Avec le décret de grâ­ce, les prisons respirent un peu » à un moment « où toutes les réformes de ces dernières années ont abouti à un taux d'incarcération inégalé depuis 1945 avec 10 000 détenus en plus depuis 2002 », rappelle le Syndicat de la magistrature.

La Chancellerie a réagi samedi en promettant « une politique ambitieuse en faveur des aménagements de peine ». Hasard du calendrier, le projet de loi créant « un contrôleur général indépendant » des lieux de détention est présenté aujour­d'hui au Conseil des ministres. Il sera « chargé de s'assurer du respect des droits fondamentaux des personnes privées de libertés ». (avec AFP)