L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a été reçu pendant près d'une heure vendredi par le président Nicolas Sarkozy qui l'a ensuite raccompagné jusqu'au perron de l'Elysée.
L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a été reçu pendant près d'une heure vendredi par le président Nicolas Sarkozy qui l'a ensuite raccompagné jusqu'au perron de l'Elysée. — Patrick Kovarik AFP

POLITIQUE

L’«ouverture» de Sarkozy fait grincer des dents à gauche comme à droite

Après Védrine et Lang, Dominique Strauss-Kahn... La stratégie du Président déroute le PS mais aussi l’UMP...

L’«ouverture» de plus en plus large prônée par Nicolas Sarkozy crispe. A gauche comme à droite. L’ex-Premier ministre Edouard Balladur, qui doit présider la commission de réflexion sur les institutions, aurait déclaré, selon France Info, qu’il refuserait ce poste si Jack Lang faisait partie de cette commission. Ambiance.

Introduction de la proportionnelle

Il ne serait pas le seul à droite à douter de la stratégie du Président. Le bras de fer qui s'est engagé hier en commission des finances (présidée par un socialiste) sur le bouclier fiscal en témoigne. Même si le désaccord reste interne à la majorité (UMP versus Nouveau centre), la question de l’ouverture prédomine dans les débats. «Le dialogue et l'ouverture voulus par le président de la République et que (le NC) partage pleinement doit s'exercer à l'Assemblée», a ainsi rétorqué le président du groupe NC, François Sauvadet, à un Jean-François Copé «prêt à taper du poing sur la table» pour qu’un amendement ne soit pas voté.

Parmi les sujets qui fâchent à droite, figurent aussi l'introduction de la proportionnelle, évoquée par François Fillon lors de son discours de politique générale, et, selon «Le Figaro», le «bouclier sanitaire» de Martin Hirsch, nommé haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.

A gauche, la nomination de Jack Lang au sein de la commission sur les institutions a achevé d’enfoncer le parti socialiste dans la crise. Accusé de traîtrise par certains tenors comme Jean-Marc Ayrault, qui lui a enjoint de ne pas se lancer dans une «aventure individuelle», l’ex-ministre de la Culture a décidé de boycotter le groupe parlementaire socialiste.

Volant à son secours, le député et étoile montante du parti Manuel Valls, qui avait troublé les siens en tenant des propos élogieux sur le Premier ministre François Fillon, a dénoncé «le climat de suspicion et la chasse aux sorcières».

Boutih et Dray?

Il faut dire que Nicolas Sarkozy surprend un peu plus chaque jour le parti adverse. Hier Védrine et Lang, aujourd’hui Dominique Strauss Kahn pour le Fonds monétaire international, le Président sème la confusion. Selon France Info, Malek Boutih et Julien Dray seraient les prochains sur la liste. L’ex-président de SOS Racisme a admis avoir été sollicité sans répondre à l'offre. Pour l’instant.