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EDUCATION

Polémique autour de l’autonomie des collèges et lycées

Dans une lettre de mission à Xavier Darcos, le Président préconisait...

Le mot «autonomie» fait décidemment grincer des dents à l’Education nationale. Les syndicats se sont dit inquiets vendredi après l’appel du chef de l’Etat à renforcer l'autonomie pédagogique des collèges et lycées. Dans une lettre de mission adressée jeudi à Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy demande de donner «à tous les établissements plus de souplesse et d'autonomie, en particulier dans le domaine budgétaire, pour leur permettre de mettre en oeuvre, sous le contrôle (...) de l'autorité académique, un projet pédagogique qui leur soit propre».

«Véritable choix»

«Nous ne sommes pas contre un renforcement de l'autonomie pédagogique, mais cela peut engendrer le pire, d'autant que se met en place en même temps, sans régulation, la suppression de la carte scolaire», a réagi Philippe Guittet, secrétaire général du syndicat des proviseurs SNPDEN-Unsa (majoritaire).

Le gouvernement juge en effet que l'autonomie pédagogique est «le pendant de la suppression de la carte scolaire», car elle «permettra aux parents d'exercer un véritable choix» au moment de la demande d'inscription dans un collège ou lycée. Il a toutefois tenu à préciser vendredi que cela ne signifiait pas que les établissements voteront leur propre budget, ni qu'ils recruteront leurs professeurs.

Cours de géographie de la Terre et de géométrie de l'espace

«Le budget des établissements étant compté en heures, l'autonomie signifie que l'on laissera un choix et une marge de manoeuvre réelles aux professeurs et aux proviseurs pour qu'ils choisissent la façon dont ils organisent ces heures», a souligné le ministère de l’Education nationale. «Si un établissement veut par exemple, regrouper des cours de géographie de la Terre et de géométrie de l'espace, il pourra le faire», a-t-on expliqué.

Il n’empêche. Cette politique fait craindre aux syndicats une concurrence entre les établissements. «Ils vont pouvoir mettre en place une sorte de “produit d'appel”, en proposant telle ou telle option, ce qui aboutira à la mise en concurrence des établissements, et ça c'est la fin du service public», a dénoncé Philippe Guittet, secrétaire général du syndicat des proviseurs SNPDEN-Unsa (majoritaire).

«Diminuer les horaires de certaines disciplines»

Le Snes-FSU (majoritaire) craint quant à lui que «le chef d'établissement ne soit contraint de choisir de diminuer les horaires de certaines disciplines. Cela va entraîner des différences entre établissements et sera donc facteur d'inégalités».

Actuellement, le programme pédagodique est actuellement soumis à l'approbation de chaque conseil d'école dans le primaire ou du conseil d'administration au collège ou au lycée, et contrôlé par le recteur ou inspecteur d'académie.