33 plages françaises devraient être interdites

ENVIRONNEMENT Si l'on applique les futures normes européennes…

Guillaume Guichard

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La météo clémente de l'été indien a rempli les terrasses des cafés parisiens et peuplé les plages françaises, en cette période de vacances de la Toussaint, qui a vu un bond des réservations de dernière minute, selon les données recueillies par les bureaux de l'AFP.
La météo clémente de l'été indien a rempli les terrasses des cafés parisiens et peuplé les plages françaises, en cette période de vacances de la Toussaint, qui a vu un bond des réservations de dernière minute, selon les données recueillies par les bureaux de l'AFP. — Raymond Roig AFP

Alors que les vacances battent leur plein — là où il fait beau, Surfrider Foundation Europe publie un rapport qui refroidit les envies d'aller se baigner. Une plage française sur cinq serait «déclassée» et 33 d'entre elles interdites au public… si l'on suit les normes européennes sur la qualité de l'eau de baignade applicables d’ici à 2015.

L'association de protection du littoral a passé 1501 plages au tamis des futures normes européennes adoptées en août 2005 à partir des données des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales qui font régulièrement des prélèvements.

Selon les nouveaux standards adoptés à Bruxelles, plus exigeants, les plages classées «bonnes» ne seraient plus que 215, au lieu de 439 actuellement. Et 33 plages devraient être «interdites». L'objectif de Surfrider n'est pas de nous dégoûter d'aller à la plage. «Nous voulions taper du poing sur la table et informer», explique Antoine Yvenat, un des auteurs de l'étude, à 20Minutes.fr. L'association a envoyé le rapport à toutes les communes concernées par un déclassement ou une interdiction. «Le retour a plutôt été positif, selon l'auteur de l'étude. Les maires étaient contents d'avoir des infos.»

Surfrider espère que son rapport va encourager les municipalités à améliorer leur système d'assainissement, gage d'une eau de baignade plus claire... «Souvent, les maires préfèrent construire des salles des fêtes ou des piscines, c'est plus sexy en vue des élections», regrette Antoine Yvenat.

A noter que si les plages mises à l’index sont en bordure d’Atlantique, ce n’est pas parce que elles sont plus sales que les autres. Certaines DDASS du sud de la France n'ont pas voulu jouer le jeu et ont refusé de fournir les résultats de leurs analyses. Alors même que ces données doivent être, selon la loi, accessibles au public. «Si nous avions obtenu les informations concernant les plages du Var et des Alpes-Maritimes, les résultats auraient été différents», considère Antoine Yvenat, un des auteurs de l'étude.

Autre raison : la pluie. «Il pleut plus sur le Nord de la France. Or, quand il pleut, les canalisations des eaux usées débordent et ces dernières s'écoulent souvent directement dans l'océan», déplore Antoine Yvenat.