SOCIAL

Garnier (L'Oréal) et Adecco condamnés pour discrimination

Les deux groupes ont perdu en appel...

Ajilon est une filiale de la société de travail temporaire Adecco. En 2000, une de ses cadres chargée de recruter des animatrices pour l’entreprise de cosmétiques Garnier (L’Oréal) avait précisé dans un fax adressé à sa maison-mère que les animatrices devaient être «BBR» (bleu, blanc, rouge).

Six ans plus tard, en juin 2006 devant le tribunal correctionnel de Paris, l'auteur du document, Thérèse Coulange, avait parlé d’une «initiative personnelle» et récusé tout soupçon de racisme. Il s'agissait, avait-elle dit, d'une consigne pour recruter des personnes sachant «s'exprimer correctement» en français. Mais plusieurs témoignages d'employés de Districom avaient affirmé que «la consigne BBR signifiait “pas d'étranger”».

30.000 euros d'amende et prison avec sursis
Vendredi, la cour d’Appel a infirmé le jugement de première instance qui avait mis hors de cause les trois sociétés et leurs cadres : Garnier, la société de travail temporaire Adecco et Ajilon ont été condamnés vendredi en tant que personnes morales à 30.000 euros d'amende chacun pour avoir subordonné une embauche à des critères discriminatoires.

Thérèse Coulange a été condamnée à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour les mêmes faits.

Les trois sociétés et Thérèse Coulange ont été en outre condamnés solidairement à payer 30.000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 10.000 euros au titre des frais de procédure à l'association SOS Racisme, partie civile. La décision sera en outre publiée dans deux journaux.

Cassation
Dans le communiqué publié quelques minutes après la publication de l’arrêt, L’Oréal affirme sa conviction dans «la différence et la diversité (…) source de richesse» et décidé de se pourvoir en cassation.