Dernier jour du procès de Chambéry

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Les soldats du feu seront-ils reconnus coupables de négligence et responsables de la mort de deux adolescents, en 2002 à Chambéry ?
Alors que le jugement du tribunal correctionnel sera mis en délibéré vendredi, le procureur a demandé jeudi la relaxe des pompiers de Savoie, poursuivis pour homicides involontaires.

«Aucune faute de nature pénale ne peut être reprochée au service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Savoie. Je ne demande aucune peine contre le SDIS», a déclaré le procureur Robert Bartoletti.

La faute au cierge magique


«La standardiste a fait une confusion entre deux appels, mais elle a mis les secours en route tout de suite. Je suis persuadé, et cela ressort du dossier, qu'il était trop tard quand les pompiers sont arrivés, on ne pouvait plus rien faire», a-t-il affirmé avant de pointer du doigt les autres accusés, la société Pyragric, importatrice des cierges à l'origine du feu, et son directeur Bruno Chevallet, ainsi que la société distributrice de ces produits, la SA Denis-Le Chat et son PDG Alain Denis.
«Jonathan et Delphine ne sont pas morts à cause des pompiers, mais à cause d'un cierge magique qui a enflammé un sapin, qui a enflammé un appartement», a-t-il dit.

Pour le procureur, ces accusés «n'ont pas garanti la sécurité du consommateur pour des raisons financières» car elles auraient moins vendu de cierges si la notice les accompagnant stipulait qu'il ne fallait pas les accrocher sur les sapins. Des experts ont démontré, au cours des audiences, qu'un des facteurs déterminants dans la mort des deux adolescents était la rapidité de propagation du feu.

Il a requis contre les deux sociétés 30.000 euros d'amende, et contre les deux directeurs des peines de 4 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende chacun.