Affaire Clearstream: mis en cause, Villepin juge des «accusations infondées»

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«Des accusations infondées». Dominique de Villepin a exposé jeudi, dans un communiqué, sa ligne de défense après avoir été mis en cause par une expertise judiciaire de l'ordinateur du général Philippe Rondot, figure centrale du dossier Clearstream.
 
Selon l’AFP, cette expertise a révélé des éléments renfermés dans l'ordinateur portable de l'ancien militaire et qui désignent notamment l’ancien Premier ministre comme étant à l'origine de la rencontre secrète en 2004 entre Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, et le juge Renaud van Ruymbeke. Ce dernier devait recevoir par la suite, anonymement, mais en réalité de la part de Gergorin, des listings Clearstream truqués.
 
Dans ces listings figuraient des noms et des numéros de comptes de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, censées avoir touché de l'argent en marge de la vente des frégates à Taïwan en 1991, sur des comptes à l'étranger répertoriés chez Clearstream au Luxembourg.
 
Selon l'une des sources proches du dossier, l'envoi des listings à la justice est évoquée dans une «note informatique» du général comme une idée émanant de l'ex-Premier ministre. En outre, selon différentes sources, l'idée de l'envoi des listings au juge van Ruymbeke aurait été suggérée par Jacques Chirac, alors président de la République.
 
Ces nouveaux éléments issus de l'expertise informatique font encourir à l’ancien Premier ministre une éventuelle mise en cause pour «complicité de dénonciation calomnieuse».
 
Désormais, les juges qui instruisent l’affaire sont en situation de poursuivre l'ex-chef du gouvernement, expliquait à l’AFP une source proche du dossier. Villepin souhaite «maintenant disposer du statut de témoin assisté» pour pouvoir se défendre. Jacques Chirac a fait savoir le 22 juin qu'il ne témoignerait pas devant la justice «sur des faits accomplis ou connus durant son mandat».