Quand la police craque à Lille

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« Respecter le principe d'un seul fonctionnaire [de police] présent au poste le week-end. » Martine Aubry fulmine depuis qu'elle a eu connaissance de cette note de service de la direction départementale de sécurité publique (DDSP) du Nord. D'autant que la maire (PS) de Lille dénonce depuis plusieurs années le sous-effectif de la police nationale dans sa ville. « La situation devient à présent insupportable dans de nombreux quartiers de Lille », a-t-elle même écrit la semaine dernière à Michèle Alliot-Marie, la ministre (UMP) de l'Intérieur, auprès de qui elle sollicite un rendez-vous.

Selon les estimations, il manquerait environ 160 policiers pour que les effectifs lillois soient au niveau de Lyon ou Marseille - deux agglomérations comparables. Un déficit également dénoncé par les syndicats de policiers. « On s'enferme dans les commissariats, s'inquiète ainsi Philippe Ricq, représentant de l'Unsa. Et cela nous met parfois en danger : certains matins, il n'y a qu'une seule patrouille sur toute la ville. » Jean Chabrol, directeur de la DDSP, préfère, lui, parler d'efficacité, estimant qu'« il vaut mieux des fonctionnaires bien utilisés que cloîtrés au commissariat à peigner la girafe ». Mais pour Benoît Lecomte, du syndicat Alliance, on a franchi la ligne rouge : « A présent, on est obligé de faire un tri dans les interventions. Il y a deux ans, un collègue est passé en conseil de discipline pour ne pas avoir envoyé de voiture sur un différend : ça a dégénéré, une femme est décédée. »