Dominique de Villepin directement mis en cause dans l'affaire Clearstream

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C'est tout le déroulement déjà complexe de l'affaire Clearstream qui pourrait s'en trouver bouleversé. Une expertise judiciaire sur l'ordinateur du général Philippe Rondot met directement en cause Dominique de Villepin. Les éléments versés au dossier attestent que l'ex-chef du gouvernement est à l'origine des rencontres secrètes en 2004 entre Jean-Louis Gergorin et le juge Van Ruymbeke. Point central de l'affaire : c'est au cours de ces entretiens entre le magistrat enquêtant sur l'affaire des frégates et le stratège d'EADS que Van Ruymbeke est manipulé. En lui confiant par courrier anonyme des listings truqués, Gergorin l'envoie sur une fausse piste et accrédite les soupçons de corruption sur une partie du gratin politique et industriel français, dont Nicolas Sarkozy. Au cours de son audition avec les juges d'Huy et Pons, enquêtant sur cette dénonciation calomnieuse, l'ancien Premier ministre a nié être lié à la manipulation. Or, selon des sources proches du dossier, l'envoi des listings à la justice est évoqué dans une « note informatique » du général comme une idée émanant de l'ex-Premier ministre. Le général Rondot, interrogé à plusieurs reprises ces dernières semaines, a répondu aux questions des juges sur le contenu de cet ordinateur. Il s'agit de son portable dans lequel sa secrétaire lui transférait tous ses courriers.

Les conséquences sont multiples. D'un côté, les juges se voient renforcés dans leur conviction de vouloir interroger tous les acteurs du dossier, y compris Jacques Chirac. De l'autre, les politiques jusqu'à présent épargnés dans le dossier pourraient être désormais mis en cause, avec une prochaine éventuelle mise en examen de Villepin. Reste à savoir si ce dernier peut impliquer ou non l'ancien chef d'Etat. Les autres prévenus, l'informaticien Imah Lahoud et Gergorin, ne sont pas pour autant épargnés. Avec une future audition de Villepin, leur rôle obscur pourrait s'éclaircir.

plainte Florian Bourges, l'ex-auditeur qui a révélé la manipulation des listings de Clearstream, était convoqué lundi à Paris dans le cadre d'une plainte instruite au Luxembourg. La société Clearstream lui reproche d'avoir conservé des documents extraits de la comptabilité de la chambre de compensation et de les avoir confiés à d'autres personnes.