Henri Guaino, gardien des promesses

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Henri Guaino en impose. Sa haute taille et sa prestance impressionnent. Mais c'est d'abord par sa stature intellectuelle que cet économiste de 50 ans a émergé du lot des conseillers. « Si je gagne, je le devrais à Guaino », aurait affirmé à des visiteurs le candidat Sarkozy pendant la campagne présidentielle. L'affirmation fait tousser le principal intéressé. « Ce serait très prétentieux de le dire », juge Henri Guaino, qui nous reçoit dans son vaste bureau de l'Elysée, où il vient de s'installer en ce début juin 2007.

Il ne faut pas trop prendre garde à cet excès de modestie, Car si l'on a tout dit, tout écrit sur la victoire de Nicolas Sarkozy, beaucoup s'accordent sur cette conclusion : le nouveau président a battu sa rivale parce que son propos est apparu plus cohérent, plus structuré autour de valeurs simples, l'ordre et le mérite. Or, si Nicolas Sarkozy le doit à quelqu'un, c'est incontestablement à Henri Guaino, auteur de ses discours.

Après l'élection, ce gaulliste à la fibre sociale prononcée a donc naturellement pris sa place dans l'entourage du nouveau président. Une des toutes premières. Ce fils d'une femme de ménage, « très fier » de sa famille, est devenu la vigie des promesses électorales. « Si je m'aperçois qu'on ne tient pas nos engagements, je m'en irai. J'ai déjà englouti plusieurs années pour pas grand-chose en politique, je ne referais pas cette erreur », prévient ce grand déçu de Jacques Chirac.

On aurait tort de prendre la menace à la légère. D'apparence affable, Henri Guaino peut se montrer volcanique s'il lui semble que des technocrates préfèrent l'orthodoxie des comptes publics aux intérêts « des Français qui ont du mal à boucler leurs fins de mois. » Ce caractère trempé lui vaut des inimitiés. « Intellectuellement il est brillant, politiquement il n'est pas bon, et pour tout dire, il est incontrôlable », estime un habitué des arcanes de l'UMP. Il n'empêche qu'Henri Guaino est aujourd'hui incontournable. Et que le Président ne prend guère de décision importante sans lui en référer.