«Fillon essaye d’occuper l’espace»

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Sans surprise, le discours de politique générale de François Fillon, mardi à l’Assemblée, a repris mot pour mot le programme de Nicolas Sarkozy. Un manque d’originalité dans le fond et dans la forme que lui reprochent certains journaux français, mercredi matin.

Pâle copie de Nicolas Sarkozy…

Si «Le Parisien/ Aujourd’hui en France» se contente d’accorder une «mention assez bien» au Premier ministre, «L'Humanité» raille un François Fillon réduit à l’état de perroquet sous le titre «Nicolas a dit» et publie un dessin représentant le Premier ministre comme une marionnette dont les ficelles seraient tirées vraisemblablement par le président.

Michel Noblecourt dans «Midi Libre» note qu'à sa décharge François Fillon «essaye d'occuper l'espace (court) que lui laisse le président pour exister». Cette position l'a obligé à «un exercice délicat et talentueux de copier collé, et de gérer l'espace (ouvert) de l'ouverture», souligne-t-il.

Pour Pierre Taribo dans L'Est Républicain, «on a eu droit à un discours long et un peu soporifique. Faut-il blâmer François Fillon, dont la seule latitude était de pouvoir égrener sur l'air du catalogue, un programme écrit par un autre ?» «Sur ce point, le chef du gouvernement s'est montré un traducteur loyal et fidèle de la pensée présidentielle. C'est déjà ça. Mais c'est trop peu pour mettre sa patte sur le projet qu'il a présenté devant les députés.»
Surtout, François Fillon n'a pas surpris. «Il n'a eu ni la magie du verbe, ni le souffle des grandes résolutions», ajoute Pierre Taribo.

… ou moteur de réformes ?

Le «Figaro» parle, lui, de «verbe tranquille». En «passeur de la réforme», François Fillon «a trouvé sa place qui ne doit rien aux schémas du passé». «Le deuxième homme est d'autant plus essentiel qu'il ne prétend pas être le premier», ajoute Alexis Brézet l'éditorialiste du quotidien de droite qui estime que Fillon doit «Aller au bout des réformes».
A l’opposé, «Libération» se montre plus caustique. «Fillon a été aperçu a l’Assemblée» titre le quotidien de gauche pour qui le discours «sans surprise» du Premier ministre a néanmoins dessiné une réforme des institutions. Pour Laurent Joffrin, toutes ses paroles ne sont pas bonnes à jeter. Selon lui, «l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le système électif» est quelque chose de «neuf». «Si le Premier ministre s'attelle à ce changement là, il faudra, quoi que l'on pense de sa politique par ailleurs, l'approuver», estime-t-il.

Pour le quotidien économique «La Tribune», «ce qui impressionne, c'est l'ampleur des réformes alignées et mises en perspective». «De quoi bousculer en profondeur la France», souligne François-Xavier Pietri.