Pas de rupture entre Fillon et Sarkozy

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A force d'en entendre parler, la rupture finit par ressembler à de la continuité. Le Premier ministre a prononcé, hier devant les députés, un discours de politique générale sans surprise. Qu'il s'agisse de fiscalité, de dialogue social, d'institutions ou d'université, toutes les réformes annoncées hier par François Fillon étaient déjà connues, puisque largement déflorées par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle et depuis son arrivée à l'Elysée. Sans cet air de déjà-vu, le discours de François Fillon aurait sans doute paru très ambitieux. Le chef du gouvernement n'a proposé rien de moins que de « réécrire le contrat politique, social et culturel » du pays. Depuis trente ans, « la France hésite, droite et gauche se contentent d'ajuster le modèle français au lieu de le repenser ». Mais c'est fini, a assuré le Premier ministre, qui promet de « rompre avec les pesanteurs, les défaitismes et les hésitations du passé » grâce à la feuille de route qu'il a détaillée (lire ci-dessous).

Ce discours n'a pas fait taire les sarcasmes de l'opposition. Pour François Hollande, François Fillon reste une simple marionnette de Nicolas Sarkozy : « Vous venez de présenter la politique de votre gouvernement, j'aurais dû dire, la politique du président de la République, c'eût été plus exact », a lancé à la tribune de l'Assemblée le patron du Parti socialiste. Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, ne l'a pas vraiment contredit : « Le Premier ministre est dans la lignée du programme présidentiel. Nicolas Sarkozy et François Fillon sont sur le même terrain, dans la même équipe et ont le même ballon. » Rien d'étonnant donc, à ce que l'Assemblée ait voté hier la confiance au gouvernement.