La justice ordonne la réouverture de trois affaires de disparition d'enfants en Isère

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Des peines de deux ans et deux ans et demi de prison avec sursis ont été prononcées à Evry à l'encontre de parents qui avaient enfermé à clef pendant trois jours en 2007 leur fils atteint d'un autisme sévère, et qui s'était défenestré
Des peines de deux ans et deux ans et demi de prison avec sursis ont été prononcées à Evry à l'encontre de parents qui avaient enfermé à clef pendant trois jours en 2007 leur fils atteint d'un autisme sévère, et qui s'était défenestré — Jacques Demarthon AFP

La cour d'appel de Grenoble a ordonné mardi la réouverture de trois affaires de disparition d'enfants datant des années 80 en Isère, infirmant les non-lieux des juges d'instruction, a-t-on appris auprès de l'un des avocats des familles.

«La chambre de l'instruction de la cour d'appel nous a donné raison et a décidé d'un complément d'information et de ne pas faire droit à la demande de clôture des dossiers», a déclaré à l'AFP Me Didier Seban, «très satisfait de cette décision très motivée».

Il s'agit des enquêtes sur les disparitions de Charazed Bendouiou, 10 ans, le 8 juillet 1987 à Bourgoin-Jallieu, de Ludovic Janvier, 6 ans, le 17 mars 1983 à Saint-Martin d'Hères et de Gregory Dubrulle en juillet 1983. Alors âgé de 8 ans, ce dernier avait été enlevé par un homme en bas de son domicile à Grenoble et laissé pour mort, le crâne fracassé, dans une décharge du massif de la Chartreuse. Le petit garçon avait survécu par miracle mais son agresseur n'avait jamais été retrouvé.

En novembre dernier, les juges d'instruction chargés des dossiers avaient rendu une ordonnance de non-lieu dans ces trois affaires, suivant ainsi les réquisitions du parquet de Grenoble. Ce dernier estimait en effet que tous les éléments d'investigation avaient été exploités dans ces dossiers et que les faits étaient prescrits.

«On est très optimistes car c'est la véritable réouverture de l'enquête», a ajouté Me Seban, soulignant que la cour avait décidé, contrairement aux juges d'instruction, «que les dossiers n'étaient pas prescrits».

Compte tenu des qualifications pénales retenues, la prescription pénale est de 10 ans mais elle a été interrompue par des actes à plusieurs reprises, a-t-il expliqué.

«La cour a demandé aux juges de faire beaucoup d'investigations. Elle donne des orientations et demande d'en rendre compte aux parties civiles, ce qu'elle n'avait pas fait jusque là», s'est-t-il félicité.

Parmi ces orientations, il s'agit notamment de «regarder ces affaires en lien les unes avec les autres, de refaire le parcours de criminels ou de personnes arrêtées pour des crimes sexuels dans l'Isère et de confronter un certain nombre de témoignages», a détaillé l'avocat.