Une Gay Pride pour l'égalité et contre les «faux pas» du gouvernement

HOMOSEXUALITE Un demi-million de personnes devraient défiler samedi dans les rues de Paris…

— 

Les organisateurs de la "Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans" attendent plus d'un demi-million de personnes, à Paris samedi après-midi, pour une Gay Pride à la tonalité "très politique", sur le thème de "l'égalité en 2007".
Les organisateurs de la "Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans" attendent plus d'un demi-million de personnes, à Paris samedi après-midi, pour une Gay Pride à la tonalité "très politique", sur le thème de "l'égalité en 2007". — François Guillot AFP/Archives

«Egalité, ne transigeons pas». C'est sous ce mot d'ordre que des centaines de milliers de personnes ont défilé samedi pour l'édition 2007 de la Gay Pride. Environ 700.000 personnes selon les organisateurs; 400.000 marcheurs et 200.000 badauds selon la police.

Le cortège est parti de Montparnasse pour gagner la Place de la Bastille. Comme les années précédentes, trois minutes de silence ont été observées à 16h pour «combattre le sida», une manière de rappeler que la recrudescence des contaminations touche de plein fouet les gays.

Exceptés Bertrand Delanoë, maire de Paris, Anne Hidalgo, élue socialiste, Jack Lang, Nicole Borvo pour le PCF, Alain Krivine pour la LCR, les personnalités politiques ne se sont pas bousculées cette année pour participer. Personne du Modem et de l'UMP, le conseiller régional Jean-Luc Romero, qui n'avait pour mission de représenter officiellement son parti. «Il y a un peu moins de répondant des partis, les élections sont passées. Maintenant, c'est l'exécutif qui est déterminant», a estimé Alain Piriou, porte-parole de l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et transsexuelle (Inter LGBT, qui réunit 60 associations).

Combatte les «faux pas» du gouvernement

Déjà reçu la semaine dernière à l'Elysée et à Matignon où «le dialogue semble possible», l'Inter-LGBT espère un signe politique fort de la part de Nicolas Sarkozy, au moment où des «faux pas» sont médiatisés. Les associations se sont en effet émues de «l'affichage malheureux à 10 jours de la Marche» de François Fillon au côté du député Christian Vanneste (apparenté UMP). Réélu dans le Nord, il est en effet la première personne condamnée en France au titre de la loi du 30 décembre 2004, votée par l'UMP, réprimant les injures et discriminations homophobes.

C'est au nom du refus de l'enfermement que les associations récusent le projet de contrat d'union civile spécifique aux homosexuels défendu par Nicolas Sarkozy et préfèrent de loin une amélioration du Pacs. L'objectif samedi sera donc de «faire changer d'avis cette majorité: cela peut paraître ambitieux mais elle a montré par le passé avec le Pacs qu'elle le pouvait. Pourquoi ne ferait-on pas le même pari?», s'est interrogé Alain Piriou qui s'est réjouit qu'il y a traditionnellement «beaucoup d'hétéros dans le cortège». «Preuve que notre message n'est pas communautaire mais universel et peut être porté par tout le monde».