La thèse du sous-marin refait surface

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Trois ans et demi après la mort des cinq marins du Bugaled-Breizh, le juge d'instruction a estimé hier que le naufrage du chalutier a sans doute été provoqué par un sous-marin. C'est du moins ce qu'a rapporté l'avocat des familles, en résumant les propos tenus par le juge au cours d'une réunion avec les proches des victimes à Quimper. Le procureur de la République de Quimper, a tenté hier de rattraper cette fuite en précisant que l'hypothèse d'un accident de pêche était toujours étudiée pour expliquer le naufrage du Bugaled-Breizh, même si celle d'un accrochage avec un sous-marin était « sérieusement envisagée ». Jusqu'à présent, cette dernière hypothèse était rejetée par l'enquête administrative. Depuis le naufrage, le 15 janvier 2004, la piste du sous-marin a, elle, toujours été privilégiée par les parties civiles et le monde maritime, qui mettent en avant la présence de nombreux submersibles dans la zone du naufrage pour des exercices organisés par la Royal Navy et l'Otan.

« La thèse la plus plausible est une croche avec un sous-marin qui se serait pris en dessous par une fûne [un câble] du bateau », a précisé hier Me Christian Bergot, avocat des familles. Fin novembre 2006, le BEA (Bureau enquêtes-accidents) mer, qui dépend du ministère des Transports, avait lui conclu que le naufrage était dû à « une accumulation d'un certain nombre de facteurs » consécutifs à « l'enfouissement ou à la croche du train de pêche dans le sable ». « La justice a d'abord évoqué un "événement nautique sous-marin", puis une "force exogène", et maintenant on prononce le mot de sous-marin comme "hypothèse la plus plausible". Le juge a fait une belle avancée », a conclu hier Me Bergot.

identification La recherche du coupable devrait s'avérer « très difficile ». Un expert met les sous-marins de l'Otan hors de cause. « Si ce n'est pas l'un de ceux-là, ça ne peut être qu'un sous-marin espion », a souligné Me Bergot, estimant à 120 le nombre de submersibles susceptibles d'avoir été présents dans la zone. Plusieurs noms ont été évoqués notamment celui du sous-marin néerlandais Dolfjin.