Vers une lourde amende pour excès de nitrates

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La facture risque d'être salée : 28 millions d'euros et 117 882 € d'astreinte journalière. C'est l'amende que la France devrait se voir infligé aujourd'hui par Bruxelles pour non-respect des normes de pollution aux nitrates de sources d'eau potable en Bretagne. Un épilogue coûteux à un vieux contentieux. En 1992, l'association écologiste Eau et Rivières avait dénoncé des taux en nitrates dans l'eau destinée à la consommation supérieurs à 50 mg/litre, norme imposée par une directive de 1975. Mise en demeure en 1993, la France avait déjà été condamnée par Bruxelles en 2001.

Eau et Rivières ne crie pas victoire pour autant. « Nous avons le sentiment d'un gâchis en termes de temps perdu et d'argent mal employé », indique son porte-parole, Jean-François Piquot. En cause : l'élevage intensif. La Bretagne représente 50 % de l'élevage de porcs et de volailles du pays, pour 7 % de la surface agricole. Les agriculteurs ne cachent pas leur inquiétude. « Cette condamnation serait dramatique. Je crains que la France n'ait l'obligation de prendre des mesures qui compromettent l'équilibre économique des exploitations. »

Les autorités sanitaires précisent que cette pollution aux nitrates n'a pas d'impact sur la santé, les eaux étant traitées pour devenir potables. En revanche, la prolifération des algues vertes le long des plages et la mort biologique des cours d'eau sont davantage à redouter. Bertrand Guizard, chargé du dossier à la préfecture de Bretagne, pointe les progrès réalisés : « En 2001, trente-sept captages d'eau sur cent en Bretagne n'étaient pas aux normes. On en est à neuf aujourd'hui. » Toujours trop.

Europe D'autres pays se sont déjà fait épingler par la Commission européenne pour des taux de nitrates trop élevés dans leurs eaux : le Danemark, l'Irlande et les Pays-Bas. Mais jamais la procédure n'est allée aussi loin que pour l'Hexagone.