Revalorisation minimim pour le Smic

TRAVAIL Le gouvernement l'augmente de 2,1%, une contrainte légale...

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AFP TV

Comme prévu, le gouvernement a officiellement confirmé lundi la revalorisation du Smic au strict minimum légal, soit 2,1%, sans coup de pouce, à 8,44 euros bruts, soit 1.279 euros mensuels. En euros nets, il dépassera légèrement la barre des 1.000 euros.
    
Cette hausse concerne environ 2,5 millions de personnes (environ 17% des salariés du privé contre 11% en 1997), dont un million à temps partiel. Elle est calculée à partir de l'évolution de plusieurs paramètres économiques (évolution de l'inflation sur l'année passée, plus la moitié de la hausse du pouvoir d'achat du salaire horaire ouvrier).
   
Nicolas Sarkozy avait réaffirmé mercredi qu' «il n'y aura pas de coup de pouce au Smic parce qu'il aurait un effet négatif sur l'emploi des moins qualifiés, et parce qu'à force d'augmenter le Smic plus rapidement que les autres salaires, on a provoqué la smicardisation de la société française».
   
Le Medef content…

La présidente du Medef Laurence Parisot avait aussi jugé mercredi que «ces coups de pouce étaient destructeurs d'emploi», plaidant pour «considérer le Smic sur une base annuelle, et non plus mensuelle».
    
La hausse annoncée lundi, a souligné le ministre du Travail, Xavier Bertrand, «permet une augmentation du pouvoir d'achat» pour les smicards, mais la hausse du pouvoir d'achat  repose aussi sur la défiscalisation et la détaxation des heures supplémentaires».
    
… mais pas les syndicats de salariés

Insuffisant, rétorquent les syndicats, qui soulignent les difficultés croissantes de certains salariés. «Le gouvernement, dont les décisions ne satisfont que le patronat, a tort de sous-estimer les urgences sociales», a ainsi jugé Maryse Dumas (CGT), selon laquelle la hausse représente «même pas une baguette de pain par jour».
   
Pour Laurence Laigo (CFDT), «les salariés ne comprennent pas qu'il n'y ait pas de coup de pouce au Smic alors qu'on développe encore les allègements de charges pour les employeurs».
    
«Nous sommes très déçus qu'il n'y ait pas de coup de pouce. Le gouvernement est fixé sur travailler plus pour gagner plus, or le salarié n'est pas maître de ses heures supplémentaires», a déploré Michèle Biaggi (FO).

D’autres chantiers en perspective    

Plusieurs syndicats réclament aussi que les exonérations de cotisations sociales soient conditionnées par des négociations salariales dans les entreprises, une «possibilité» évoquée désormais par le pésident de la République. Le Medef est contre.

Quant à la création à la rentrée d' «une commission de sages» chargée de donner son avis sur la revalorisation du Smic, annoncée par le chef de l'Etat, elle fait craindre à certains syndicats une remise en cause de la revalorisation automatique et du caractère interprofessionnel du salaire minimum.