«Les syndicats étudiants sont d’un conservatisme épais»

INTERVIEW Jean-Robert Pitte, président de La Sorbonne Paris-IV, approuve le projet de loi sur l’autonomie des universités…

Propos recueillis par Alice Antheaume

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Le président de La Sorbonne de Paris-IV Jean-Robert Pitte
Le président de La Sorbonne de Paris-IV Jean-Robert Pitte — AFP

Jean-Robert Pitte, président de La Sorbonne Paris-IV, juge «globalement satisfaisant» le projet de loi sur l’autonomie des universités. Interview.

Que pensez-vous du projet de loi sur l’autonomie des universités?

Je l’approuve, comme la majorité des présidents d’université. Cela va dans le bon sens, au point que les dirigeants des grandes écoles disent vouloir eux aussi ce statut.

Y a-t-il des choses à revoir dans le projet de loi actuel?

Certes, il y a quelques menus amendements à faire, comme la composition des conseils d’administration (20 membres prévus actuellement, mais certains veulent qu’il y en ait trente) et la présence ou non d’un contrôleur budgétaire de Bercy. Mais cela va être réglé très vite.

Les syndicats étudiants sont très mécontents de cette réforme…

Les syndicats ne représentent qu'une minorité d'étudiants, ils sont une cabine téléphonique, pas plus! On interroge Bruno Julliard (président de l’Unef, ndrl) comme s’il était le ministre de la Recherche! Mais les syndicats sont d’un conservatisme épais. Ils veulent faire traîner les choses au maximum pour que cette loi capote, alors que nous attendons depuis si longtemps cette révolution.

Qu’est-ce que cette loi va changer si elle passe?

Aujourd’hui, nous sommes la voiture balai de l’enseignement supérieur. Nos universités sont écrasées par la misère. Si la loi passe, nous aurons, dès la rentrée prochaine, les mains plus libres pour créer le savoir, le transmettre, et aider nos étudiants à s’insérer dans la vie professionnelle.