La gauche française divisée sur le nouveau traité

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AFPTV

On prend les mêmes et on recommence. Le projet de traité européen adopté par les 27 à Bruxelles, samedi, divise la gauche française. Alors que les partisans du «oui» à la Constitution en 2005 saluent un «déblocage», tout en restant mitigés, ceux qui ont voté «non» dénoncent un accord bradé et un «mini-traité».

«Un bon ouvrier de l'Europe»

Particulièrement enthousiaste, Jack Lang tranche avec son parti, applaudissant Nicolas Sarkozy pour avoir été «un bon ouvrier de l'Europe» et avoir «réussi avec Angela Merkel à sortir de l'enlisement la construction européenne».

Les autres partisans du «oui» sont plus nuancés, tel Dominique Strauss-Kahn, qui s’est réjoui du «déblocage de la procédure européenne», même si c'est à «un coût trop élevé ». François Hollande s’est montré plus sévère, dénonçant un «compromis douloureux pour l'esprit européen». «Ce n'est pas un traité simplifié qui a été adopté. C'est un petit traité qui est en voie d'être rédigé. C'est une Europe qui s'est elle-même limitée dans son ambition», a déclaré le Premier secrétaire du PS.

«La prime aux méchants»

Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray, ancien «ouiste», a même été plus loin, dimanche, «n’excluant» pas un rejet par le Parlement français du projet de traité européen, qu'il a dénoncé comme «un compromis boiteux» et «sans ambition».

Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, a au contraire affirmé lundi que l'accord obtenu était «un compromis réaliste» et que s'il était député, il le voterait.

Egalement dans le camp du «oui», les Verts ont exprimé une «satisfaction relative». L'accord de Bruxelles, selon eux, a «sauvegardé certains points essentiels» du traité constitutionnel européen. Mais pour l'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit, farouche pro-européen, le «résultat est déprimant»: «C'est la prime aux méchants, plus vous dites non, plus vous gagnez».

Du côté des partisans du non, Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS, a fustigé l'accord: «L'adoption de la substance de la Constitution européenne sous un nouveau nom est une grave violation des principes démocratiques». L'eurodéputé PS Vincent Peillon a quant à lui dénoncé «un mini traité», visant l’Union européenne de sa substance.

«Effacer le “non” français»

Pour Marie-George Buffet, enfin, qualifier l'accord de «grande victoire» est une «manipulation» visant à «effacer le non» français à la constitution de l'UE. «Le nouveau traité proposé marquera-t-il une rupture avec l'Europe libérale ? Absolument pas», a déclaré la secrétaire nationale du PCF samedi.