Royal prend la clé des champs

POLITIQUE Ségolène Royal cherche à s’affranchir du PS pour mieux partir à sa conquête

A. Kerloc’h

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Absente samedi à la réunion du Conseil national du PS, le parlement du parti, l'ex-candidate socialiste à l'Elysée a continué dimanche sur Canal + à prendre ses distances avec les dirigeants PS, en mettant l'accent sur la légitimité des militants, dont elle avait souhaité à plusieurs reprises qu'ils soient "consultés" sur le processus de rénovation.
Absente samedi à la réunion du Conseil national du PS, le parlement du parti, l'ex-candidate socialiste à l'Elysée a continué dimanche sur Canal + à prendre ses distances avec les dirigeants PS, en mettant l'accent sur la légitimité des militants, dont elle avait souhaité à plusieurs reprises qu'ils soient "consultés" sur le processus de rénovation. — Alain Jocard AFP
Itinéraire politique bis. Segolène Royal a séché le conseil national du PS ce week-end, pour la visite d’un site magdalénien dans le Poitou «avec des gens paisibles». Une absence critiquée. Le fabiusien Claude Bartolone a dénoncé un «coup de com’». Pour «20 minutes», il ajoute : «Elle a encore joué à l’extérieur pour faire bouger les lignes à l’intérieur». François Hollande, premier secrétaire du PS, a justifié, sur RTL «elle a bien le droit…», tout en mettant en garde contre «la personnalisation» au sein du parti. Quant à Jean-Louis Bianco, ségoléniste, il assène : «Elle a eu raison de ne pas venir à ce conseil d’une grande médiocrité.» Interrogée hier sur Canal+, puis TF1, Royal a estimé que son esquive «avait permis à la parole d’être libre», et qu’il fallait désormais «préparer l’alternance».

Elle a aussi souligné que le PS appartenait aux militants et concernait « la France entière ». Chez les ségolénistes, on ne cache pas l’envie d’ouvrir le parti, pour une nouvelle majorité, notamment par l’adhésion des membres de Désirs d’avenir. Ramener l’extérieur vers l’intérieur, en somme. Pour Mariette Sineau, chercheuse au Cevipof, « Ségolène Royal cherche sa voie et gère ses contradictions. A la présidentielle, elle a gagné un capital de voix qu’elle veut faire fructifier avant qu’il ne s’évapore. Pour 2012, elle a besoin d’un parti uni, mais il est difficile de conquérir un parti qu’on critique. Alors elle fait tout en parallèle… »