Sarkozy «m'a dit qu'il comprenait mon combat pour la vérité»

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La veuve du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a été reçue mardi par le président Nicolas Sarkozy qui s'est engagé, selon un avocat de Mme Borrel, à l'aider dans ce dossier qui prend des allures d'affaire d'Etat.
La veuve du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a été reçue mardi par le président Nicolas Sarkozy qui s'est engagé, selon un avocat de Mme Borrel, à l'aider dans ce dossier qui prend des allures d'affaire d'Etat. — Olivier Laban-Mattéi AFP

«Je voulais le remercier car c'est le seul qui m'ait reçue depuis douze ans, je n'ai jamais été reçue par qui que ce soit, aucun ministre, aucun garde des Sceaux auparavant, dans une affaire qui concerne pourtant l'assassinat d'un magistrat. C'est vrai qu'il m'a un peu, sur ce plan-là, réconciliée avec mon pays», a déclaré mardi Elisabeth Borrel à la sortie de son entretien avec Nicolas Sarkozy, à l’Elysée. «Il m'a dit qu'il comprenait mon combat pour la vérité et qu'il aurait fait pareil à ma place, a-t-elle ajouté. Il n'y aura plus les obstructions qu'on a connues. Il s'y est engagé».

Déclassification de dossiers sensibles

Elisabeth Borrel avait dénoncé, le 13 juin, «des pressions politiques incontestables» de l'Etat français dans l’enquête sur la mort de son époux, mettant notamment en cause le rôle joué par Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy se serait également engagé à demander que la veuve du juge soit entendue en tant que témoin par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, saisie le 12 janvier 2006 par Djibouti.

L'Etat africain reproche à la France d'avoir manqué à ses devoirs d'entraide judiciaire en refusant de lui transmettre une copie du dossier français sur la mort du magistrat.

Selon Me Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, le chef d’Etat pourrait demander une déclassification des documents secret défense, entre 1995 et 1997.