De nouvelles trahisons à avaler pour la gauche

A.S

— 

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que Jean-Marie Bockel, qui entre au gouvernement de François Fillon, "s'est mis de fait hors du PS".
Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que Jean-Marie Bockel, qui entre au gouvernement de François Fillon, "s'est mis de fait hors du PS". — Patrick Kovarik AFP/Archives

Il y avait eu Eric Besson pendant la campagne. Puis Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch dans Fillon 1. Le PS doit désormais composer avec la nomination au gouvernement de deux autres des siens : le sénateur-maire PS de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, et Fadela Amara, présidente de l’association Ni Putes Ni Soumises, proche du PS.
 
«Nous sommes indignés, écoeurés», a réagi vivement le président sortant du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué. Ce sont «des choix de petit niveau qui n'honorent pas ceux qui acceptent ces places», a-t-il attaqué. Compte tenu du vote des Français au second tour des élections législatives, il «ne s'agit plus que d'aventures personnelles et relativement minables».
 
«Après la droite, la droite tout court»

 
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a indiqué que Jean-Marie Bockel «s'est mis de fait hors du PS». Mais, «comme pour Kouchner», a-t-il précisé, «il n'y a pas de procédure d'exclusion». «Il était à la droite du Parti socialiste, et il est à la droite tout court», a-t-il ironisé.
 
Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) y est allé, lui aussi, de sa pique, en fustigeant la «trahison de l'engagement pris devant les citoyens pour Jean-Marie Bockel, élu avec des voix socialistes». Le MJS a d’ores et déjà prévenu qu’il participerait à la constitution d'une liste de gauche face au maire sortant lors des prochaines municipales à Mulhouse.
 
Fadela Amara au gouvernement après avoir été instrumentalisée ?
 
Concernant Fadela Amara, le président du MJS, Razzye Hammadi, confie à 20minutes.fr que les «associations parapolitiques comme Ni Putes Ni Soumises sous-traitent les questions de racisme et de féminisme dans les banlieues afin d’en faire le fond de commerce de certains clans. Nulle surprise donc que ceux qui sont rattachés au parti par le réseau et non par conviction trahissent plus facilement». «L’instrumentalisation des associations par le parti a commencé avec François Mitterrand et doit s’achever avec Julien Dray», conclut-il. Le Bureau National de mardi s’annonce houleux.
 
Moins sévère, André Vallini, député PS d'Isère, n’a pas souhaité «juger les hommes ou les femmes». «Si Fadela Amara ou Jean-Marie Bockel estiment qu'ils peuvent être utiles à leur pays et pouvoir servir les convictions qui sont les leurs, on pourra juger sur pièces. En attendant, il est inutile de jeter l'anathème sur tel ou telle».
 
Seule voix discordante à gauche, Malek Boutih, secrétaire national aux questions de société du PS, s’est félicité de la nomination de Fadela Amara. Selon lui, elle représente «un réel espoir pour les quartiers de banlieue qui pourront compter sur sa force, son indépendance et sa détermination». Et demande aux formations politiques - comprendre la sienne - de «faire les efforts nécessaires pour suivre cet exemple et rompre avec le conservatisme dans le choix de leurs élus».