«Être étudiant en France, ce n’est pas si facile que ça»

INTERVIEW Pierre Saivre est président de la Smerep, une sécurité sociale étudiante en Ile-de-Fance. Il réagit à la publication d’un rapport sur la santé des étudiants en 2007, qui confirme la tendance à la déprime …

Carole Filippi

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L’Usem (Union nationale des Sociétés Etudiantes Mutualistes régionales) a rendu public, mardi, son rapport sur la santé des étudiants en 2007. Une étude qui confirme leur tendance à la déprime.

Pierre Saivre est président de la Smerep, une des deux sécurités sociales étudiantes d’Ile-de-France. Pour lui, ce bilan était prévisible. «C’est toujours inquiétant. Ça montre qu’être étudiant en France, ce n’est pas si facile que ça.» Il isole deux moments révélateurs du mal-être estudiantin français: l’entrée et la sortie de l’université.

«Le passage de la structure encadrée du lycée et du noyau familial à l’anonymat de l’université, comme celle de Paris 1 qui rassemble près de 40.000 étudiants est un vrai choc. C’est aussi l’époque des premières fois. Cette transition est déterminante pour les futures années à l’université».

Autre moment sensible, les Bac +4-5, très nombreux à avoir participé à l’étude de l’Usem. «L’angoisse de quitter le milieu universitaire, de ne pas trouver un emploi est très forte dans cette tranche des 24-25 ans. Une fois qu’ils ont quitté l’université, on ne peut plus les suivre, c’est fini.»

«La morale ça ne marche pas»

La première chose à faire, selon Pierre Saivre, c’est «abandonner ce discours ’’tout va bien, les étudiants vont bien, c’est la plus belle période de la vie”. Sans chercher à noircir le tableau à tout prix, il faut être un peu réaliste.»

Pour enrayer cette tendance à la déprime, l’Usem concentre ses interventions sur le bien-être. «La morale sur un jeune de 20 ans, ça ne marche pas. On ne peut non plus aller voir un jeune adulte en difficulté et lui demander de parler de ses problèmes.»

La quête du bien-être


L’Usem multiplie donc les animations pour donner des clés vers le bien-être. Des semaines du bien-être sont même organisées, avec au programme, information, massages de shiatsu, rencontres avec des intervenants.

Quant au soutien psychologique, des psychiatres sont à la disposition des étudiants dans les Bureaux d’aide psychologique universitaires (Bapu). Mais ils sont peu nombreux en France, et les délais d’obtention d’un rendez-vous sont longs.