Grosse déprime chez les étudiants

SANTE Une enquête révèle qu’un tiers des étudiants connaissent des périodes de tristesse, déprime, perte de confiance…

C. Fil. avec l'AFP

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Un tiers des étudiants connaissent des périodes de plus de deux semaines où ils sont «tristes, déprimés et sans espoir». C’est ce que révèle l'enquête de santé 2007 des mutuelles étudiantes régionales de l'Usem, rendue publique mardi.
 
L’enquête a été établie à partir des réponses de 14.000 étudiants, de 18 à 25 ans, traitées par la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé. Une tranche d’âge souvent délaissée au profit des 12-25.

L’étude révèle également que près de 35% des étudiants ont vécu pendant plus de deux semaines des périodes de «perte de confiance» et 9% ont eu des «pensées suicidaires au cours des douze derniers mois».
 
Pour Nicolas Dion, président de l’Usem, «l'isolement et le sentiment de solitude ou le stress (un étudiant sur trois) arrivent très loin devant les autres difficultés ressenties (défauts d'orientation ou les conditions financières…).
 
L’isolement de la fac
 
Pour lui, ce phénomène s’explique par le changement qui s'opère du jour au lendemain entre la terminale, où les élèves sont en classe, encadrés par des enseignants, et la fac où «si on ne vient pas en cours un matin, personne ne vous appelle». Selon l'étude, ces moments de déprime plus ou moins profonde accentuent les différences de comportements entre étudiants.
 
Ainsi, 28,9% des étudiants qui présentent un signe de dépression ont des problèmes de sommeil (contre 9,6% des autres), 31,8% consomment des médicaments pour les nerfs (10,3% chez les autres), 19,4% ont une importante consommation d'alcool (10,9% chez les autres) et 14,9% fument du cannabis (9,9%).
 
Une trop grande pression
 
«Les étudiants ont le sentiment que les choix qu'ils opèrent sont cruciaux et définitifs et que s'ils se trompent, c'est toute leur vie qu'ils ratent», a analysé Nicolas Dion.
 
Et vous, connaissez-vous ou connaissiez-vous, ces moments de blues ?